Rodomontades

Publié le par Paraph


    Dimanche trois février deux mille huit. Midi une. Petite forme. Les prolongations d'une crève standard gênent mon sommeil. Les incertitudes d'avenir paralysent mon élan vital. Les amis sont moins présents qu'autrefois, normal, ils ont une vie, et peu de forfait. La famille est présente, heureusement, de plus en plus présente, d'ailleurs. Je vais retourner habiter chez mes parents, finances obligent. La belle saison se profile à l'horizon. Je lis abondamment, à l'eau claire.

    Jeudi dernier, hormis une parenthèse de trois ou quatre heures pour m'aller perdre en ligne, j'ai lu tout le jour, soit une quinzaine d'heures. "The golden fool" y est presque passé. Je l'ai fini le lendemain. Vendredi premier février, j'ai fui sur Paris, sans avoir fait la moitié des rangements que je planifiais pour l'appartement d'Orléans. Déménagement prévu le samedi seize février, avec la main d'œuvre que j'aurai pu mobiliser.

    J'ai passé l'après-midi chez Ramethep, devant un écran vidéo. Brochette de chefs-d'œuvre inusables, "Detour", un film noir de quarante-cinq, road-movie avant l'heure; "Ricky Oh", lutte d'un kung-fu master contre la corruption dans une prison hong-kongaise, et "Le justicier contre la reine des crocodiles" ("The devil's sword"), de la sword-and-sorcery indonésienne d'il y a vingt ans. Le lendemain, pour bonne mesure, j'y suis retourné, pour consommer "Dracula: dead and loving it", de Mel Brooks.

    Toujours samedi, puisque nous avons habilement basculé au deux février, j'ai croisé mes parents, chez qui j'ai dormi, déjeuné d'un bobun avec Tonga, puis bu une bière coupée à l'eau dans un rade du quartier latin où jamais je ne remettrai les pieds. J'ai traîné mes guêtres porte de Versailles pour un salon à l'emploi dans la fonction publique, sans en tirer grand-chose. Passage éclair chez Ramethep, mais je l'ai déjà dit, et retour au bercail. Ca devient une habitude, ça va vite devenir une nécessité.

    J'ai tout de même pu caser une partie de scrabble avec ma mère, hier soir, entre deux plages horaires. La fièvre et les encombrements me rendent quelque peu morose. Enchaînés depuis hier, "La clef des mensonges", un polar de Jean-Bernard Pouy cru quatre-vingt-huit; "Hey Nostradamus!", septième ou huitième roman de Douglas Coupland (un des plus aboutis) et "La fontaine Médicis", premier volume du "Tour du malheur", tétralogie de Joseph Kessel sur la Grande Guerre et les années qui ont suivi. C'est mon premier roman de Kessel. Pour le moment, je ne suis pas emballé, mais ça n'est sans doute qu'une question d'emballage.

    Programme de la journée: déjeuner seul sur un coin de table, d'une tartine et d'un peu de miel. A moins que ma sœur ne daigne me préparer quelque chose, les parents ayant posé leur journée pour aller vadrouiller dans la vie associative, foisonnante, de notre petite ville de banlieue parisienne. En après-midi, et en soirée tant qu'on y est, me rendre à Massy pour une partie d'Earthdawn avec les copains. A la minuit, ou peu avant, crocheter par chez ma tante pour une partie de boggle endiablée, on ne change pas les habitudes si on peut éviter. Occuper mon insomnie nocturne avec Kessel, puis un autre roman, si le sommeil ne vient toujours pas.

    Programme de la semaine, tant qu'on y est: assez tôt, lundi si possible, mardi au plus tard, repartir sur Orléans, histoire de donner un coup de propre et de rangé à l'appartement. Le proprio le remet en location dans la semaine, il se pourrait qu'on vienne le visiter. Non que l'appartement soit spécialement sale, mais les livres qui traînent, le linge qui sèche et la poussière qui attend, tapie sous la table du salon, qu'on l'en extraie, mériteraient d'être éliminés, ou entassés dans des cartons. Dans moins de deux semaines, je n'habiterai plus chez moi, ou mon logement sera vide et sans âme. Si j'ai du temps, trouver un emploi, ça urge.

 

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Publié dans schopenhauer

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