Gazoduc pour l'Eternité
Lundi onze février deux mille huit. Onze heures vingt-trois du matin. Température au sol, quinze degrés en pleine journée, zéro degré la nuit. En ce moment, je circule surtout le jour, mais il m'arrive de me balader la nuit, donc je suis soumis aux deux revers de la médaille. Je suis obligé de suer le jour et de me frigorifier la nuit. Tels sont les aléas météorologiques de ce début de siècle.
Jeudi s'est achevé comme il avait commencé, dans la solitude. J'ai mangé des cannelloni, ce qui n'est pas banal, et bu de la bière. Il me reste une demi-douzaine de bières dans mon frigo, et moins d'une semaine avant mon déménagement; parviendrai-je à leur régler leur sort dans un si bref délai? Le suspense est insoutenable.
Vendredi, je me suis barré. Orléans est une ville dont j'ai fait le tour. Non qu'il n'y ait encore des endroits à visiter, des musées dans lesquels piétiner, tout un univers de sensations nouvelles à découvrir avec la venue du printemps, mais mon séjour orléanais a occupé tout l'espace qu'il était susceptible d'occuper. Ma connaissance de la ville et de ses environs en restera définitivement où elle demeure présentement. Dans cinq jours, je quitterai définitivement la ville, et bon débarras.
Vendredi huit février, comme chaque semaine depuis quelque temps, j'ai pris le train de quatorze heures deux, qui me dépose vers quinze heures en gare d'Austerlitz. Comme les journées sont ensoleillées, j'ai pris un vélo libre jusque chez Ramethep, où j'ai mangé des nouilles, puis des pizzas. J'avais apporté des bières, dont mon frigo regorge. Je n'ai pas la capacité matérielle de descendre des bières suffisamment vite. Vertige était là. Nous avons regardé "The big heat", un polar de Fritz Lang tourné dans les années cinquante, et "The decline of Western civilization", deuxième partie, un documentaire de quatre-vingt-huit sur le heavy metal. Retour à pied, puis en train.
Samedi neuf février, je me suis réveillé chez mes parents. Sauf revers d'infortune, cette scène risque de se répéter mainte fois dans les semaines à venir. J'ai esquivé le déjeuner en famille pour fuir sur Paris, à pied puis en vélo, chez Tonga et la Souris, pour une bouffe, puis quelques parties de cartes, et comme le soir nous est tombé dessus à l'improviste, j'y suis resté pour une raclette. Je suis rentré vers la minuit, à bicyclette puis à pied. Bilan des opérations, huit kilomètres à pied et quinze bornes à vélo. J'en ai rêvé toute la nuit.
Dimanche dix février, nous fêtions, par surprise, les soixante ans de mon père. Différents parents proches en étaient. Treize à table, un repas plantureux, notamment un tiramisu délectable. J'ai mis les bouts vers seize heures, au moment du café, me rendre à Massy pour une partie de Shadowrun. La partie s'est bien déroulée, malgré un épilogue dont les conséquences s'annoncent difficiles à démêler. Suite le mois prochain. En soirée, partie de boggle chez ma tante, et retour à domicile.
Programme de la journée: me reposer un peu, jouer au scrabble si je trouve une partenaire disponible, mais je crains que ça ne soit pas le cas. Lire un peu. Je suis actuellement sur un roman policier léger, "One for the money", de Janet Evanovich. Une jeune femme devient chasseuse de primes pour rembourser ses dettes, mais la cible qu'elle traque est peut-être l'élu de son cœur, voire innocent du crime dont on l'accuse. Il y a une douzaine de suites, apparemment. La semaine dernière, j'avais terminé "Pollen", avant de lire "La vie Payenne", un bref roman de Jean-Bernard Pouy, dont j'ai vraisemblablement épuisé tout le stock dont je disposais.
Plus tard dans la semaine: demain, retourner sur Orléans. Finir mes cartons, vider mon frigo, jeter les papiers, bouteilles et autres déchêts recyclables accumulés au fil des mois. Trouver une camionnette à louer, y entasser ma main d'œuvre bénévole et quitter à jamais mon appartement. Retour à la case départ, sans toucher vingt mille euros.
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