Complainte du cellier
Dimanche six janvier deux mille huit. Minuit quatorze. Fin de semaine plutôt houleuse, entre indigestions et mélancolie. Appelons-la mélancolie, à défaut d'un terme clinique. Ras-le-bol saisonnier? Déprime, mais légère, gentille, comme un flocon de neige ou un foulard en tulle. La rentrée scolaire approche à grands pas, l'angoisse au ventre se fait plus sourde, la lourdeur des entrailles fait sans doute écho au stress qui va s'amplifiant.
Jeudi dernier, trois janvier, j'ai tué le temps comme j'ai pu, dormant tard, mais pas assez, jouant au scrabble avec ma mère puis fuyant sur Paris pour un passage chez Ramethep, où se trouvaient déjà Vertige et un ami. Les détails se sont brouillés dans ma mémoire. J'ai le vague souvenir d'avoir bu des bières, sans doute achetées au supermarché local. J'ai sensiblement accru ma consommation de bière ces derniers mois, sans doute par mesure compensatoire. Ou par goût de la vie.
Vendredi quatre, j'ai copié, puis collé, la journée précédente, sur la page blanche offerte par un nouveau jour. Débarquement en début d'après-midi chez Ramethep, où nous ont rejoint Zubayidi, en poste à Bordeaux, et Edriwing, à la veille d'un nouveau régime. Longue discussion sur la défiscalisation, avant d'aller casser la croûte dans un restaurant spécialisé dans la cuisine du Sud-Ouest. After chez Ramethep, puis taxi sous la pluie jusque chez Edri.
Vers deux heures du matin, pas fatigués, nous optons pour un visionnage de séries. Dans le colimateur, "Ally McBeale", que je ne connaissais pas. Les cinq ou six épisodes vus pendant la nuit m'ont convaincu qu'il y avait de bonnes choses à en tirer. J'aurais bien prolongé la séance, mais vers six heures du matin, nous nous endormîmes.
Samedi cinq janvier, rendez-vous vers quinze heures chez le Chat, pour une séance de Conspirations, jeu de rôles à thématique enquête occulte contemporaine. Bonne session de jeu, avec une table exceptionnellement complète, des bières et des victuailles à ne plus savoir qu'en faire. Depuis deux jours, j'avais un peu mal à la gorge, et dans la nuit, resté sur place que j'étais, j'ai fini par dégobiller le contenu de mon estomac. Expérience désagréable s'il en est, hélas de plus en plus fréquente. Ai fini par me rendormir, et repartir, pas frais, dans la matinée.
Aujourd'hui, après un déjeuner en famille et une première galette des rois, j'ai passé ma journée à Massy, pour une partie d'Earthdawn. Mon guerrier va bientôt atteindre son cinquième cercle, et nous en sommes contents pour lui. Seconde galette des rois. Mal au ventre, mais pas de vomissement (pour le moment).
Programme de la soirée: écouter Georges Brassens, ne pas vomir, me coucher tôt (ou presque), dormir bien, et longtemps. Lire une ou deux heures, toujours "The grand ellipse". J'ai manqué de temps ces derniers jours, et ce roman, même s'il ne passionne pas, est suffisamment bien écrit et ficelé pour que j'aie envie d'en venir à bout avant de passer à autre chose.
Depuis une semaine environ, peut-être davantage, j'envisage, assez sérieusement mais sans prendre de décision définitive, de trouver un autre emploi. Trouver, on l'aura compris, n'étant pas synonyme de chercher. Pour le moment, je me contente d'émettre des tentacules inquisiteurs, histoire de me faire une idée de mon environnement. Souvent, c'est par les contacts qu'on trouve ce genre de choses. Jusqu'à présent, j'ai quelques ébauches de pistes qui, sans me laisser présager d'une reconversion facile, me permettent de ne pas me focaliser sur la semaine exécrable qui m'attend. Il y a de la vie après l'éducation nationale. Le plus tôt sera le mieux.
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