Envol des mille grues

Publié le par Paraph


    Lundi trente-et-un décembre deux mille sept. Dix-sept heures cinquante. Encore dix jours avant mes prochains cours. Mentalement, dix jours constituent un tampon confortable, qui me permet d'envisager la reprise du boulot comme une éventualité très lointaine. Autre garde-fou mental pour ne pas voir l'horreur, me dire qu'à présent, quoi qu'il arrive, j'ai atteint cinquante pour cent de l'année, en nombre d'heures de cours effectués. A partir de maintenant, nous sommes sur la pente descendante, et le pourcentage restant sera désormais inférieur au pourcentage parcouru.

    Depuis ma dernière entrée, j'ai quitté Lyon pour rejoindre Paris, où je franchirai le seuil de la nouvelle année. Séjour chez mes parents, où je passe le plus clair de mon temps, en compagnie de mon frère, qui a pris ses premiers jours de repos (dimanches inclus) depuis le mois d'octobre, et de ma belle-sœur. Sans oublier toute la famille, et le chat. Repos, récupération de mon énergie, consolidation du moral et détachement de soi.

    Hier, dimanche trente décembre, partie de "Legend of the five rings" à Massy. Séance unique et isolée, distribution des rôles en début de session. Je jouais un traître gentil, prêt à tout pour sauver l'empire des dangers qui le menaçaient, et je suis mort héroïquement (quoiqu'inutilement). Une bonne expérience, un peu trop arrosée en thé. Je me décale progressivement vers un rythme nocturne, peu propice aux activités rémunérées auxquelles j'accepte de me soumettre quand je transite par le monde des humains. Mais je travaille à un recalage.

    Ce matin, après une petite insomnie, j'ai pu dormir quatre heures, me lever dans les temps et aller rejoindre Vertige, le Lion et Waï sur Paris, pour un restaurant indien. Ca devait faire un an et demi que je n'avais pas vu le Lion, qui travaille au Japon pour un groupe automobile français; idem pour Waï, pourtant bien présent sur la capitale, mais depuis la fin de nos études respectives, rien n'a fait se croiser nos chemins. Trop mangé. Au retour, j'ai acheté mes cadeaux de noël pour la famille.

    Programme de la journée: d'ici deux heures, me mettre en route pour Fontenay-aux-Roses, où je dois passer le réveillon chez des amis, à jouer à la console, si j'ai bien compris le menu. Dans l'intervalle, prendre l'apéritif avec mon grand-père, échanger des cadeaux avec mes proches, endosser une tenue propice à la fête. Lire. J'ai terminé "The Ladies of Grace Adieu", de Susanna Clarke, recueil de nouvelles s'inscrivant dans la continuité de "Jonathan Strange & Mister Norrell". Très bon niveau d'ensemble (la nouvelle la moins convaincante étant, étonnamment, la première du recueil, et celle qui lui donne son nom, qui s'insère entre deux chapitres du roman, dont elle emploie le héros éponyme, mais a été publiée dix ans plus tôt).

    Cette nuit, j'ai lu de bout en bout "La brèche" (deux mille cinq), de Christophe Lambert (un homonyme, pas l'acteur), roman de science-fiction se déroulant pour moitié le six juin quarante-quatre, sur une plage de Normandie. Combat de chars d'assaut, hommes-grenouiles du futur, exo-squelettes, drones surarmés, journalistes suicidaires et historiens blasés, dans une terrible surenchère pour déterminer le cours que prendra/aura pris l'avenir. Une lecture très agréable. Le Feldmarschall Rommel n'apparaît, hélas, qu'un court chapitre, avant d'aller rejoindre la débâcle de l'histoire.

    Depuis ce matin, je suis sur le volumineux roman de Paula Volsky, "The Grand Ellipse" (deux mille), fantasy située dans un monde géographiquement différent du nôtre, mais culturellement proche du dix-neuvième siècle: intrigues politiques, enjeux scientifiques, course contre la montre d'une ethnologue pour faire le tour du monde avant ses rivaux, dans l'espoir d'empêcher une guerre qui plongerait le monde dans la barbarie. Début prometteur; je crains juste que les dimensions de l'ouvrage ne m'empêchent de l'avoir terminé avant un certain temps.

 

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Publié dans schopenhauer

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P
Cela va sans dire. 
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C
Garde moi l'exclu jusqu'à samedi, hein.
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