Vol au-dessus d'un nid de concombres

Publié le par Paraph


    Lundi neuf juillet deux mille sept. Une heure trois du matin. Cinq jours se sont écoulés depuis ma dernière entrée; premier constat. Cinq jours marqués par la pluie. Avec du soleil au milieu, des éclaircies, et des nuits moins pluvieuses qu'à l'accoutumée. Voilà pour l'aspect météorologique des choses; parler du temps qu'il fait, toujours très utile pour éviter d'aborder les sujets importants, lesquels ne sont, précisément, pas encore d'actualité. Mais le moral est étonnamment bon, sans doute une conséquence d'un agenda plus rempli qu'initialement prévu. Revoyons donc la scène au ralenti.

    Jeudi dernier, ma sœur a eu ses résultat du bac anticipé. Ils sont plutôt bons, elle est qualifiée pour le second tour, mais après une joie initiale, son caractère a repris le dessus, et elle a passé deux jours à me faire la gueule, sans raison précise. Jalousie devant les trépidantes parties de scrabble auxquelle je me livre, quarante minutes par jour, avec notre mère commune? Ressentiment légitime, d'avoir à partager un étroit pavillon de banlieue avec un frère quasi-trentenaire qui vit la nuit, n'affiche aucune liaison sentimentale et ne gagne toujours pas sa croûte? Juste couroux, face à quelque secrète offense, dont je suis coupable à mon insu? Peu importe au fond, mais ses sautes d'humeur ont réussi à pourrir l'ambiance, willy nilly, ces dix dernières années. Enfin, bon. Plus que deux mois, et les compromis de tous les instants n'auront plus de raison d'être, puisque j'irai voir ailleurs si l'herbe est plus verte.

    J'ai donc fui la morosité familiale pour aller m'enterrer au cinéma, en deuxième partie de soirée. "Persepolis", d'après la bande dessinée du même nom, récit autobiographique d'une franco-iranienne, bien animé, parfois simpliste mais sans doute destiné aux enfants, bonne impression d'ensemble. Retour à pied, sous la pluie, fin de parcours dans un bus de nuit, par le circuit étendu.

    Vendredi, journée passée à lire, j'accroche bien sur "Ship of magic", de Robin Hobb. Pirates, magie, rivalités familiales. Encore deux mille pages et j'aurai fini la trilogie. En soirée, passage chez Ramethep, tasse de thé et vidéo, "Guess what happened to Count Dracula", un mauvais film de vampires du début des années septante. Retour en bus de nuit, vers deux-trois heures du matin. Dans le bus, un Antillais hilare chantait la Marseillaise. Une heure porte à porte, les horaires de week-end (un bus toutes les dix minutes) sont bien pratiques, malgré l'encombrement humain des navettes avant quatre heures du matin. Ca me manquera, quand je serai en province.

    Samedi après-midi, ma sœur a retrouvé le sourire, et décidé de shampooiner sa moquette. Je profite du beau temps pour marcher un peu. Deux heures de marche, une petite douzaine de kilomètres, jusqu'à Palaiseau, où Nemrod fêtait son anniversaire avant l'heure, autour d'un couscous accompagné d'un barbecue. Bonne ambiance, un peu trop arrosée. Quatre anisettes, cinq verres de punch, j'ai consciencieusement rendu le tout à la Grande Céramique, une fois regagné le domicile parental (vers une heure du matin). Nuit agitée, occupée à vider un ou deux litres d'eau pour éviter la gueule de bois au réveil.

    Dimanche, légères remontrances parentales et sororales, déjeuner en famille, partie de scrabble et retour à Massy, pour l'antépénultième session d'Earthdawn du mois de juillet. Très bonne partie, action, interaction sociale, moments de fou-rire et enjeux de plus en plus élevés. L'essentiel du groupe de jeu est passé troisième cercle. Avec Runequest, ça reste le meilleur jeu de fantasy auquel j'aie eu l'occasion de jouer. Retour vers minuit, légère insomnie, lecture jusque vers cinq heures du matin.

    Aujourd'hui, j'ai à peine eu le temps de déjeuner, avant de filer sur Paris, pour une séance de cinéma. "Live free or Die Hard", quatrième volet de la série. Bruce Willis sauve l'Amérique d'un méchant hacker, se réconcilie avec sa fille et détruit un chasseur de combat grâce au trente-huit tonnes au volant duquel il poursuivait le fourgon ennemi. Du grand n'importe quoi, des scènes d'action dynamiques, beaucoup d'humour. Pas comme les "Transformers", dont le film s'annonce chiant à mourir.

    Détour par chez Ramethep, pour une pizza et deux vidéos, "Les sept vampires d'or", Peter Cushing en Van Helsing, combat à Hong-Kong contre les triades et dans les montagnes contre une armée de zombies contrôlée par Dracula, déguisé en Chinois pour mieux tromper ses proies. "Android", science-fiction rétro avec Klaus Kinski, quatre-vingt-deux, effets spéciaux à couper le souffle et grande dette (totalement assumée) envers "Metropolis". Retour assez tôt, en métro. Hop. Avant minuit.

    Programme de la soirée: face au rhume qui s'est fait pressentir depuis deux ou trois jours, repos, lecture. Demain, même chose. Recouvrer mes forces d'ici mercredi, où une randonnée en vélo, avec ou sans bivouac, est prévue en compagnie d'une brochette d'aventuriers, plus ou moins bien équipés pour l'expédition. Si ma santé et la météo ne s'y opposent pas, j'en serai volontiers.

 

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Publié dans schopenhauer

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