La moustache magique

Publié le par Paraph


    Jeudi dix-sept mai deux mille sept. Dix heures dix-neuf du matin. Trois jours de plus au compteur. A ce rythme-là, la bouteille sera pleine avant d'avoir servi. Dans les trois journées écoulées, et les nuits qui leur ont tenu compagnie, on remarquera une prédilection pour la marche à pied, à laquelle je me suis remis. J'avais peut-être un début d'entorse hier soir, mais il semble résorbé. Je vais sans doute attendre un peu avant de me remettre à sillonner l'asphalte, on ne sait jamais.

    Lundi dernier, nous étions le quatorze mai deux mille sept, je me suis levé fort matin, ayant peu dormi, pour toute une volée d'examens. Six examens d'estonien, dont quatre de langue, trois écrits et un oral, ainsi que deux en français, sur l'histoire et la civilisation estoniennes. Peu satisfait de ma performance, dans l'ensemble. J'ai rédigé vingt-quatre pages en trois heures, de piètre qualité, et me suis planté à mon oral. Apparemment, j'ai peut-être la moyenne à deux des examens écrits. Rattrapage dans quinze jours, j'ai intérêt à bosser.

    Rentré chez moi vers quinze heures, j'ai pu me restaurer, battre ma mère au scrabble, m'aller étendre sur ma couche, où j'ai tué deux à trois heures. Emergence en début de soirée, avec le coucher du soleil. Je garde un souvenir assez ténu des heures qui ont suivi. J'ai dû lire, sans doute régler son compte à "2061: odyssey three", d'Arthur C. Clarke. Plus qu'un, et j'aurai bouclé le cycle.

    Mardi matin, quinze mai, réveil matinal. Avouons-le, j'ai mal dormi. La journée a été nébuleuse. J'ai repris ma lecture de "Mémed le mince", pour lequel je ne parviens décidément pas à m'enthousiasmer. Je suppose que la traduction doit y être pour quelque chose. Le pauvre paysan orphelin turc a fait une fugue, mais on l'a repris; maintenant âgé de dix-huit ans, il découvre la ville et l'amour. Il ne devrait pas tarder à se laisser pousser la moustache, si ce n'est déjà fait.

    Après une sieste intempestive, j'ai décidé de marcher sous la pluie, huit kilomètres, jusqu'à Vanves, où j'ai rendu visite à Vertige, qui se remet bien de son ablation de la colonne vertébrale. Sa prothèse semble fonctionner de façon adéquate. Il pourra bientôt s'engager dans le cirque de Pékin comme acrobate-dresseur d'ours. Je suis resté dormir, après avoir mangé des pâtes. J'ai entamé la lecture de "Camouflage", roman récent de Joe Haldeman.

    Hier, mercredi seize, j'ai musardé sur le plancher, avant d'accompagner Vertige sur Paris. Vers Montparnasse, j'ai poursuivi seul. Mes pas m'ont conduit dans un cinéma, où j'ai vu "Lucky you", un film sur le poker. Puis retour à pied, jusque dans ma banlieue. Mes pas sur l'asphalte, ont résonné, ta ta ta. Ma cheville a dégonflé ce matin. Joie. Dans la foulée, j'ai perdu au scrabble contre ma mère, et je me suis couché tôt (mais ai dormi tard).

    Ce matin, après avoir terminé "Camouflage", j'ai entamé "Royal assassin", de Robin Hobb, second tome de la Farseer Trilogy. Programme de la journée: repas en famille, puis partie de Star Wars à Massy. Le soir, lecture et préparatifs de départ. Je passe trois jours à Nancy, chez Tonga et sa belle, histoire de goûter la gastronomie locale, et faire un repérage de mon futur exil. Cent six jours avant implosion.

 

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Publié dans schopenhauer

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