Ljubljana sous la neige, périssent les aigrettes
Dimanche vingt-cinq février deux mille sept. Vingt-trois heures vingt-huit. La ronde des chansons continue, sans faille, à dérouler le fil de sa bobine. En solde. Le temps passe, les structures inhérentes se conforment aux schémas pré-établis. Sommeil, météorologie. Santé, lectures. Horizontalité. Prise de repères, machine. Gousse d'ail et bornes à poser.
Jeudi dernier, statique à domicile. Lectures éparses. "Rama II", d'Arthur C. Clarke et Gentry Lee, suite de "Rendezvous with Rama". Publié en mille neuf cent quatre-vingt-neuf, plus étoffé que le précédent, écrit dix-sept ans plus tôt. La collaboration a modifié le style, plus fourni. Le laconisme et la description froide ont fait place aux sentiments. Le récit y gagne en complexité psychologique, la vie intérieure et les interactions entre les personnages deviennent au moins aussi importantes que l'exploration du vaisseau. Terminé samedi dans la journée. Entamé mardi treize, en route pour Vesoul, lu quelques dizaines de pages entre deux séances.
Jeudi, parties de scrabble avec ma mère, puis ma mère et mon père. J'ai perdu à chaque fois. La fatigue est aisément blâmable, mais c'est, aussi, un jeu de hasard. Ou alors, je ne maîtrise pas du tout les techniques pour gagner à coup sûr. M'entraîner davantage en ligne. Y perdre deux ou trois nuits la semaine prochaine.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, travaillé au projet loufoque du Sultan, pour la plus grande gloire de mon esprit surchauffé. Travail répétitif et intrépide. Couché vers quatre heures.
Vendredi vingt-trois février, réveillé vers midi. Pas de repas avant le soir. Sieste dans l'après-midi. Le soir, ma sœur rentre prématurément de ses vacances à Lyon, où elle s'est engueulée avec mon frère, qui y a pourtant mis du sien pour bien la recevoir. Crêperie en famille. Sur le retour, jeu spontané avec ma sœur, à partir de "La disparition" de Perec, dont elle étudie un autre roman au lycée. Complicité, interaction. Prise sur le réel. Crochet par chez ma tante, partie de boggle, une manche partout. Retour vers deux heures du matin.
Samedi vingt-quatre février, réveillé vers neuf heures. Lecture matinale, achèvement de "Rama II". Je reprends, et j'achève, "L'adversaire", d'Emmanuel Carrère. Je renonce à prendre mon vélo, il pleut. Soirée vidéo avec le Chat, dans un studio prêté par une amie. Cinq longs métrages: "Dragon tiger gate", film d'arts martiaux romantique hong-kongais; "Cash express", comédie loufoque américaine; "Calamari wrestler", rencontre improbable de catcheurs et d'hommes-pieuvres; "Frostbiten", film de vampires suédois en milieu hospitalier; et "Undead", combat de bouseux contre des zombies venus de l'espace. Pizzas surgelées.
Resté dormir seul sur place, chargé de remettre les clefs dans la boîte aux lettres en partant au matin. Après deux heures de sommeil sur le plancher, je me lève vers cinq heures du matin pour aller vomir mon dîner. En espérant avoir bien nettoyé, sinon je suis désolé pour la gêne occasionnée. En attendant le premier métro, j'ai lu dans son intégralité "Mémoires d'un tricheur" de Sacha Guitry, pris sur les étagères, en espérant n'avoir pas été indiscret. Petite promenade dans Paris à la recherche du métro, matinée froide, lever de soleil sur la rive droite. Rentré vers huit heures du matin, petit déjeuner en famille, tourte aux poireaux, sieste préprandiale.
Levé vers midi, désorienté, pas frais. Repas en famille. Pommes de terre cuites à l'eau. Il pleut, je renonce à prendre mon vélo. Partie de jeu de rôles, huit heures de palabres pour éviter un duel. Scène finale apocalyptique, nous ne sommes pas au bout de nos peines. Suite la semaine prochaine. Rentré il y a vingt minutes, quatre à cinq théières dans le ventre.
Programme de la nuit: ne pas dormir. Du moins, pas tout de suite. Perdre deux à trois heures en ligne. En chantier, "Pillars of the earth", de Ken Follet. Roman historique, un maçon du treizième siècle rêve de construire une cathédrale. Mais l'hiver approche, il ne trouve pas de travail et sa famille a faim.
Programme de demain: repos plus ou moins mérité. Ne pas bouger de chez moi, sauf si ma sœur devient trop difficile à côtoyer. Aller chez Ramethep s'il me le propose et que j'en ai la force. Dans le cas contraire, lire, dormir, dériver entre deux rêves. Cent quatre-vingt-sept jours avant implosion. L'ordre ancien ne s'en relèvera pas.
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