Déjeuner de soleil

Publié le par Paraph


    Dimanche quatorze janvier deux mille sept. Onze heures cinq du matin. Beau temps pour la saison. Réveillé avec le soleil, en milieu de matinée, vers neuf heures. Je me suis plus ou moins naturellement recalé sur un rythme diurne. L'allongement des jours y est pour beaucoup. L'ensoleillement joue en ma faveur. C'est sans doute psychologique, et de ce côté-là, justement, les choses vont plutôt bien. J'ai l'impression d'être à un tournant de ma vie, sans que rien de concret ni de précis soit véritablement, ou individuellement, responsable de cette impression. Mais, bon. D'ici quelques mois, les changements structuraux seront bien réels.

    Hier, comme prévu, j'ai passé la journée à lire, essentiellement. J'ai pu terminer "The confusion", et vais attendre quelques mois avant d'attaquer le dernier volet de la trilogie; il y a tout de même pas mal de longueurs, et j'ai peur d'épuiser le plaisir en enchaînant trop vite les pavés gonflés aux hormones. Comme une petite insomnie semblait s'installer, j'en ai profité pour ne pas sortir, comme j'en avais la possibilité, évitant ainsi les foules obligatoires des samedis soirs, y compris la cohue du bus de nuit, que j'aime justement prendre en semaine, quand il est à peu près vide, et j'ai lu une bonne partie de la nuit.

    "Le serrurier volant", dernier roman en date de Tonino Benacquista, sur des illustrations de Tardi. Excellent cru, la briéveté de l'ouvrage ne lui ôte rien de sa force. Ou alors, je suis naïf. J'aime bien la répétition, surtout quand elle marche. Vu pour la première fois, ou la première depuis longtemps, des photos de l'auteur, que j'imaginais moins vieux, ou moins grisonnant. Sans doute un effet de projection, quand ses héros ont peu ou prou l'âge que j'ai ou que je vais avoir. Dans la foulée, comme la nuit s'est prolongée au-delà du raisonnable, j'ai entamé "Un déjeuner de soleil", de Michel Déon. Roman publié en mille neuf cent quatre-vingt-un, fausse biographie, par le fils d'un ami d'enfance, de l'écrivain Stanislas Beren, sorte de romancier génial, en marge de son temps. Ca se goûte.

    Programme de la journée: profiter du soleil. Je crois bien qu'il m'avait manqué, durant les mois d'automne. Si la température est en adéquation, faire un tour à vélo après le déjeuner familial. Dans l'après-midi et jusqu'en soirée, partie de jeu de rôles à Massy. Je suis dans un fauteuil de passager, ça me soulage un peu, après avoir pris les commandes la dernière fois. Des pilotes plus aguerris vont se charger de nos aventures simulées dans les semaines à venir. Dans la nuit, si la forme persiste, poursuivre mon éclusage des livres empruntés. Ou attaquer un de ceux achetés récemment, ça ne me fera pas de mal de réduire simultanément les deux piles.

 

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Publié dans schopenhauer

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