Sévérité avant-dernière

Publié le par Paraph


    Samedi treize janvier deux mille sept. Onze heures douze du matin. Une petite semaine de plus au compteur. Rien de bien palpitant, le contraire eût été étonnant. Beaucoup de casane, quelques sorties, conscience tranquille et embellie. Ca fait du bien d'être globalement humain.

    Dimanche dernier, sept janvier, la partie de jeu de rôles a été essentiellement catastrophique. N'ayant pas retrouvé mon scénario, j'ai tenté d'improviser, et échoué. Pas un échec sur toute la ligne, non, il y a quand même des points positifs, mais dans l'ensemble, je suis encore plus frustré que d'habitude. Ca donne des envies de romancer, avant de recommencer.

    Lundi huit janvier, retour à la fac. J'ai pu clarifier certains détails de mon inscription, calmant ainsi certaines de mes angoisses. Croisé par hasard dans le même bureau pour les mêmes raisons, un ami en transit depuis Taïwan, où il retournait le lendemain. Le temps d'un sandwich, d'un bus et d'un échange d'anecdotes sur la guerre des tranchées, j'ai pu lui souhaiter un bon anniversaire et continuer ma route. Elections étudiantes, nous avions vingt-quatre heures pour constituer les listes, ce qui a plus ou moins marché. Suffrage la semaine prochaine, en plein pendant les vacances. Pourquoi ne suis-je pas surpris.

    J'ai pu renouer avec mes cours d'estonien, pour une seule et unique fois avant les vacances. Car le calendrier universitaire est particulièrement bien organisé cette année: deux semaines de vacances à la noël, suivies d'une semaine de cours, puis de nouveau deux semaines d'interruption des cours. Suivent trois mois de cours, sans aucun rapport avec les vacances scolaires, pour un long marathon jusqu'en avril. Mois de janvier à meubler comme on pourra, donc.

    Pour m'occuper dans l'intervalle, un livre pour enfants, intégralement rédigé en estonien, qui me permettra de confronter mon nouveau jouet aux objets concrets tirés du monde réel. J'ai par ailleurs reçu les résultats des examens* d'avant noël, qui n'étaient pas bons, mais ça, je m'en doutais tout de même un peu. Quelque part.

    Mardi neuf, rien à signaler. Je suis resté chez moi, à bouquiner. Et je me suis acheté des chaussures, des vraies, pour marcher quand j'aurai arrêté de saigner des pieds. J'ai commencé "The confusion", de Neal Stephenson, deuxième volet du "cycle baroque". Ca se boit comme du petit lait, malgré un agenda social plutôt conséquent, j'ai pu avancer ma lecture. Si personne ne vient me troubler dans ma grotte, je l'aurai fini avant la nuit. Ou juste après, on ne sait jamais avec ces choses-là.

    Mercredi dix, au lieu d'aller en cours d'indonésien, j'ai filé en douce dans les salles obscures, pour voir "Harsh times" (bizarrement rebaptisé "Bad times" en français), "Election 1" et sa suite, "Election 2". Films de gangsters hong-kongais, étrangement dépourvus d'armes à feu (tout se règle à la machette, ou à coups d'objets contondants). Et Christian Bale en ex-GI frappé du bulbe. Road-movie, blah.

    Toujours mercredi, partie de poker (sans argent, donc pas vraiment du poker) chez Edriwing. Je suis très mauvais au poker, je bluffe assez mal, ou pas du tout. A la fin, je ne regardais même plus mes cartes, et je me contentais de relancer d'un jeton à chaque fois. J'ai perdu, sans vraiment de surprise.

    Jeudi onze, rien. Je suis resté lire. J'ai bien avancé mon bouquin.

    Vendredi douze, hier, donc, j'ai répété à peu près le même schéma, sauf vers la fin. En soirée, passage chez Ramathep, le temps de boire le thé. Retour par le dernier métro.

    Programme de la journée: achever ma lecture. S'il reste du temps, marcher, ou faire un peu de vélo dans le monde crépusculaire. Si le Sultan m'appelle pour venir sur Paris, déambuler niaisement dans les rues de la capitale, à la recherche d'une vie à vivre, en échange de la grisaille, de la stagnation et du mutisme des nôtres. Ou s'en ficher, laisser le gain à ceux qui s'y laissent appâter, attendre mon heure et profiter de la saison, qui embellit de jour en jour. Et j'ai réussi à me recaler sur un rythme diurne, idéal pour les vacances.


*  En me relisant, je m'aperçois qu'on pourrait penser à des examens médicaux. Or, tout va bien. Je parlais bien évidemment de mes examens d'estonien.

 

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Publié dans schopenhauer

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