La nuit de l'iguane
Lundi quatre décembre deux mille six. Deux heures dix-huit du matin. Rien de particulier à signaler. Journée essentiellement passée à dormir, sauf quand le soleil était couché. Inversion de toutes les valeurs, transmutation de toute chose en son contraire. Sans doute mangé trop de chocolat.
Hier, dimanche trois décembre deux mille six, j'ai finalement été en mesure de regarder la fin de "Kika" avant de partir. Une petite victoire sur l'adversité. Dans le train qui m'a mené en banlieue nord, j'ai pu avancer "Three days to never", le dernier Tim Powers, qui répond à mes attentes. Escale par l'épicier de quartier pour acheter des boissons, des assiettes en plastique et des serviettes en papier. Arrivée vers dix-huit heures trente à la soirée d'anniversaire.
A Saint-Denis, une quinzaine ou une vingtaine de convives étaient réunis pour célébrer le trentième anniversaire d'Edriwing, débarqué vers vingt-heures avec un sac plein de patates, du fromage à raclette et sa bonne humeur. Soirée agréable. Vers minuit, départ massif. Nous restons à cinq ou six, le temps d'une partie de cartes. Je trouve une place dans la dernière voiture à repartir, vers trois heures du matin, pour un tour de Paris et un ultime largage dans ma banlieue sud. Couché vers cinq heures du matin.
Ce matin, sommeil poussif entrecoupé d'angoisses. Soif persistante. Depuis hier, j'ai la bouche pleine d'aphtes, et depuis ce matin, j'ai mal à l'œil gauche, à l'intérieur de l'arcade. Sans doute un orgelet qui s'invite au bal. Ou quelque chose d'équivalent. C'est la première fois que j'ai ce genre de sensation, qui annonce surtout sa présence quand je ferme les paupières, quand je bouge le globe oculaire ou que j'essaie de cligner. Gêne minime, mais si ça prend du volume, ça peut s'avérer gênant.
Levé vers midi, je zone un peu dans les espaces communs avant de replonger. Réveillé vers dix-sept heures, trop tard pour aller à la conférence organisée par mes profs d'estonien, à laquelle devait intervenir l'ambassadeur d'Estonie. Tant pis. Espérons qu'il ne sera pas venu pour rien. Succession de coups de fil, passage à l'improviste chez Ramethep pour un repas collectif. Edriwing et Vertige sont de la fête. Plat de pâtes avec des pommes de terre, puis orgie de desserts au chocolat, à la framboise, crème chantilly, crème anglaise, pralinés, le tout en grande quantité.
Indécision générale après le repas, nous finissons par ne pas regarder "La plage", ni jouer aux "Pygmées cannibales de la jungle maudite". Départ collectif vers minuit. Edriwing et Vertige entament une discussion inutile sur Descartes et la Vérité, que je parviens difficilement à réorienter vers la littérature fantastique, seul sujet vraiment intéressant. Problème technique dans le train du retour, je mets une heure et demie à rentrer. Mais je suis assis dans la machine, et je lis. Pas de temps perdu, donc.
Programme de la nuit: lire. Il me reste quatre à cinq heures de lecture pour finir le Tim Powers, de quoi tenir jusqu'à l'aube si je ne dors pas avant. J'hésite à angoisser à cause de mon œil. Je ferai sans doute ça plus tard dans la semaine, si la douleur persiste. Si l'insomnie s'installe comme je le pressens, finir le Zola, ou entamer autre chose. Ca n'est pas la lecture potentielle qui manque dans mon habitacle.
Programme de demain: entamer des démarches pour bénéficier de la sécurité sociale, sous le régime de la couverture maladie universelle, à laquelle j'ai apparemment droit. Me rendre au centre départemental s'occupant de ce genre de choses, pour me renseigner sur la procédure à suivre. Ca tranquillisera ma mère, et si je dois consulter un médecin, je serai remboursé. Si l'après-midi n'est pas terminée quand j'en ai fini, me rendre à la fac pour tenter d'achever mes inscriptions pédagogiques. Je hais l'administration. Le soir, repas avec des gens, prévu dans un restaurant népalais.
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