Aptéryx et périls

Publié le par Paraph


    Jeudi sept décembre deux mille six. Quinze heures trente-neuf. Je viens de me lever. Le décalage suit son cours inexorable. J'en suis à présent à me lever trois ou quatre heures à peine avant que le soleil ne se couche. Je n'en profite pas beaucoup, et j'imagine que ce manque d'exposition à l'astre du jour contribue sans doute un peu à mon humeur morne du moment. Ca me fait généralement ça en cette saison. Je reprends du poil de la bête courant janvier ou février, selon les fois.

    J'ai donc passé deux ou trois jours à ne rien faire de bien intéressant. Dormir le jour, aller au cinéma en fin de journée, lire la nuit. J'ai terminé le Tim Powers en chantier, j'ai lu "Le rouge est mis", un roman d'Auguste le Breton daté de mille neuf cent cinquante quatre. Et j'ai ressorti le Zola entamé du placard, pour le finir avant de l'y remettre.

    Hier, au cinéma, j'ai vu "Mauvaise foi", une comédie banale sur un couple biculturel qui a du mal à s'assumer. Et "A prairie home companion" (bizarrement traduit  "The last show" en français), le dernier film de Robert Altman, un concert de country par une troupe radiophonique en fin de carrière. Le second m'a davantage plu que le premier.

    Et c'est à peu près tout. Un restaurant népalo-tibétain mardi soir, dont je connaissais la serveuse pour avoir eu des cours avec elle il y a cinq ans. Et sans doute un squat chez Ramethep, mais je ne sais plus trop quand. Lundi dernier, sans doute. Auquel cas, j'ai déjà dû en parler.

    La fin de l'année civile approche à grands pas. Je suis lessivé. Pas de nouvelles de la part du groupe d'amis avec lesquels je passe habituellement le jour de l'an. Soit ils n'y pensent pas, soit ils ont déjà des choses prévues. Qui ne m'incluent pas. Ils ont sans doute des choses à me reprocher, notamment financières et organisationnelles, donc j'imagine que c'est de bonne guerre.

    Si rien ne se précise sur ce front-là, j'essaierai de m'incruster dans la bande de Palaiseau. Histoire de ne pas sauter le pas tout seul. C'est bête, mais j'ai beau n'attacher aucune importance aux symboles du calendrier, ça m'ennuie de rater une occasion de faire la fête avec les amis, ou de me sentir exclu du groupe. Sans doute un reste d'adolescence qui se cramponne encore aux rideaux. A moins que ça ne soit le contraire, un peu d'âge adulte qui pointe le bout de son nez. L'adolescence dure jusqu'à trente-cinq ans, je suis encore loin du compte.

    Programme de la journée: aller au cinéma. Ou plutôt, ne pas y aller, j'ai raté la séance que je visais. Finir le Zola, qui commence à me remotiver. Très vaguement. Euh. Passer chez Edriwing pour un jeu de plateau. Le soir, errer mollement dans les rues de Paris, ou prendre le dernier métro pour rentrer chez moi. Attendre l'aube en sirotant un fond de vodka. Lire ce qui me tombera sous la main, finir de m'user les yeux à la lueur des chandelles.

 

Publicité

Publié dans schopenhauer

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
Sois sans inquiètude personnelle : ya juste rien d'organisé, ou alors moi aussi je suis exclu. Enfin, je l'ai toujours été, c'est ma nature.
Répondre