Sous le signe de l'escargot

Publié le par Paraph


    Dimanche douze novembre deux mille six. Onze heures cinquante du matin. Les brumes de l'alcool semblent s'être estompées. Elles ne m'ont, à vrai dire, jamais vraiment enveloppé. Mais le jus de chaussette a coulé dans les chaumières, le chrome a brillé sur les auvents des tôles imbriquées dans la tempête. Le dé a roulé sur la table de l'existence.

    Hier, comme prévu, l'après-midi a tourné à l'ivresse, légère et bon enfant, chez Ramethep. Trois ou quatre russes blancs, un peu de bière, un whiskey sur le pouce. Départ vers dix-neuf heures pour aller rejoindre des amis dans un restaurant tendance près de la Bastille. Un concept sur les avions, apparemment. Une carte incompréhensible, le chef était apparenté à l'un d'entre nous, la nourriture était bonne mais j'ai pris les mauvais plats, les quantités peu importantes m'ont laissé sur ma faim. Mais c'est normal, je suis un rustre. L'ambiance à table était agréable. J'ai pu converser posément. A une table non-fumeur. Vivement que ça se généralise.

    Vers minuit, toute la troupe s'achemine vers un appartement enfumé, dans le nord de Paris, pour une série de parties décousues. Pendant le repas, j'ai descendu une caipirinha, trois verres de rouge et deux théières. Une fois pris dans l'engrenage du jeu, j'ai absorbé trois bières, et pas assez d'eau. Vers cinq heures du matin, les derniers survivants quittent le navire ou vont se terrer à fond de cale, je commence à zoner dans le dixième, à la recherche d'un bus de nuit pour regagner mes pénates.

    Pas de bol, je ne suis pas tout à fait le bon itinéraire, je marche deux bornes, j'attends un quart d'heure près de la porte Saint-Martin pour finir par constater qu'à cette heure avancée, les bus ne vont plus jusque chez moi, mais s'arrêtent aux portes de Paris. Entre temps, les trains se sont remis à circuler. Je prends le bus, descends près d'une gare et rentre par le réseau express régional. Couché vers sept heures du matin.

    Ce matin, pas pu dormir au-delà de dix heures. L'esprit pas vraiment embrumé, mais la bouche pâteuse et les fringues qui puent la clope. Une bonne douche et la machine repart. Aucun effet secondaire de l'alcool, dont les effets primaires ne se sont pas davantage fait sentir hier.

    Programme de la journée: dans quelques dizaines de minutes, déjeuner en famille. Faire un tour à vélo si le temps me le permet. Partie de jeu de rôles à Massy, l'occasion de pédaler sur quelques bornes. Prétexte à boire beaucoup de thé en grignotant des biscuits. Le soir, dormir tôt pour affronter du bon pied la semaine de travail matinal. Je m'occuperai de mon mémoire quand je pourrai, il me reste vingt-huit jours. Il serait peut-être opportun que j'envisageasse d'en faire ma priorité, au détriment de tout le reste, sauf le boulot rémunéré. On verra si je parviens à prendre sur moi.

    Côté lectures, j'ai entamé de front "Les quatre vies du saule" de Shan Sa, et "Du rififi chez les hommes" d'Auguste Lebreton, superbe roman noir du début des années cinquante, de la langue verte à tout va, une ambiance pesante, des personnages coupés à la scie sauteuse, ça faisait longtemps que je ne m'étais pas replongé dans la Série Noire. Si j'en viens à bout rapidement, m'enquiller un Zola ou poursuivre sur ma lancée de space op'. Les étoiles m'attendent, au garde-à-vous, prêtes à tout pour tromper la vigilance de leurs lunes gardiennes.

 

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Publié dans schopenhauer

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P
C'était bel et bien une coquille. Ses sœurs disparaissent habituellement à la relecture (car je me relis), mais ce coup-ci, la fatigue est à blâmer. C'est par ailleurs un bouc émissaire des plus abordables. 
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S
"Aucun effet secondaire de l'alccol" En es-tu bien sûr ? Ton orthographe est d'habitude irréprochable ;-) ou était-ce intentionnel ?
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