Seize soupapes et deux cardinaux
Dimanche douze novembre deux mille six. Minuit quarante-six. Je m'aperçois avec effroi que je dois me lever dans six heures, et je ne suis pas couché. Pas près de l'être, à vrai dire. Encore quelques bricoles à régler sur le net, deux ou trois boîtes électroniques en ligne à vider avant qu'elles ne débordent, et un passionnant roman noir qui risque de me tenir éveillé jusqu'à des heures imprévues. Et je n'aborde même pas la question du thé ingéré dans la journée. J'en ai moins bu qu'à mon habitude, peut-être dormirai-je davantage que les fins de week-end habituelles.
La partie d'aujourd'hui s'est bien passée. Petit passage à vide où j'ai passé mes nerfs sur une boîte de chips. Une sorte de tube en carton où s'entassent les chips aromatisées. La fatigue m'a fait réagir à une contrariété, mais j'ai pu contenir ma colère et ne pas frapper mes amis. J'en suis assez satisfait. Si je ne travaillais pas demain matin, j'en profiterais pour dormir une douzaine d'heures.
En allant sur place, et en rentrant de Massy, j'ai pris mon vélo. Premier déplacement un peu long depuis deux ou trois semaines qu'on me l'a offert. Il roule bien, les pneus ne se sont pas dégonflés, les roues sont un peu larges, mais je finirai par m'y faire. Les sensations reviennent. Je suis content d'avoir froid, je fais du vélo sans gants parce que j'aime le contact avec le nouveau guidon, aussi droit soit-il. Seul point négatif, il y a du jeu dans la pédale gauche. Elle se dérobe légèrement sous mon pied quand j'appuie, ou se dérobera dans quelques milliers de coups de pédale, et émet un petit clic à chaque moulinet. Mon précédent vélo m'a fait ça, peu avant que la pédale ne cède. En espérant que ça ne sera pas le cas cette fois-ci. Le vélo est neuf, que diable. Je n'ai roulé qu'une soixantaine de bornes depuis sa réception. Mes amis m'ont offert une révision gratuite dans trois mois. Je m'y rendrai avec plaisir, et sans doute quelques doléances.
Programme de la soirée: "Du rififi chez les hommes". Ou le Shan Sa, mais je suis plus d'humeur pour du bon gros polar. Sans doute pour ne lire que quelques minutes, si j'arrive à me faire terrasser par le sommeil, je pourrai tenter de régénérer mes fibres nerveuses par l'opération mystérieuse de l'Onde Alpha. Une entité venue du Centaure me parle quand je suis endormi.
Programme de la semaine: cours, boulot, bosser sur mon mémoire. Aller manger des soupes vietnamiennes, pour une fois que je peux m'en payer une sans avoir l'impression d'empiéter sur le budget bouffe des amis. Le cinéma les soirs où je ne mangerai pas ma chemise en m'endormant sur les bancs de la fac. La lecture dans le métro, mais pas de vélo, il fait encore trop froid, et je ne me sens pas de laisser mon vélo neuf sur des grilles en plein Paris, c'est un coup à me le faire embarquer par des fourgues en virée. J'y tiens, c'est un cadeau, il a deux roues et un guidon. Et la selle est confortable.
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