Ossature parasynthétique

Publié le par Paraph


    Mercredi huit novembre deux mille six. Minuit trente-cinq. La température au sol, atmosphérique à six pieds de haut, tend à la hausse. Il faisait encore plus de dix degrés, ce soir, quand j'ai traversé Paris dans le sens de la hauteur. Mes gants sont inutilement blottis dans mon sac, mon écharpe enserre vainement mon cou grêle, et le manteau d'hiver que j'ai sorti du placard il y a trois jours à peine m'assure suée sur suée, en extérieur tout autant qu'au sein des transports en commun. Ma détresse est sans faille.

    Hier, mardi sept novembre deux mille sept, mon week-end a pris fin. Je ne suis pas allé en cours le matin, préférant dormir tout mon soul. J'ai sans doute définitivement galvaudé mes chances de reprendre en main ma première année de slovène. Au moins jusqu'au printemps. Déjeuner avec ma mère. L'après-midi, acte de présence au boulot, payé à attendre que le temps s'écoule (et ça marche). Le soir, cours de rattrapage en estonien, précédé d'une heure à papoter au bureau des étudiants.

    En fin de soirée, passage chez Ramethep, plan pizza, russe blanc, thé, squat jusque vers quatre heures du matin. Avons regardé "She", un film d'aventure très marqué par son époque, adapté du célèbre roman de H. Rider Haggard. Je n'ai pas encore lu le roman, mais j'avais commencé à traduire, l'an passé et pour mon plaisir, voire pour m'entraîner, une autre de ses œuvres. Pas de la grande littérature, mais le changement a du bon. Endormi devant le film, j'ai raté la fin.

    Dormi quatre heures sur le plancher. Ce matin, grève des transports, ce qui ne m'a pas gêné pour me rendre sur mon lieu de travail. Un quart d'heure de retard, mais j'étais le premier arrivé. Matinée de glande, mots croisés, décorticage des nouvelles sorties cinématographiques, papotis avec les collègues. Le midi, bobun dans le quartier latin, puis longue errance transversale, retour au bureau pour un chocolat, tentative malheureuse de m'inscrire pédagogiquement en master de japonais, expédition à l'autre bout de Paris pour assister à mes cours d'indonésien.

    Après avoir attendu un train quarante minutes sur la ligne c du réseau express régional, j'arrive au lieu dit, juste à temps pour rater mon cours. Rabattu sur une tâche administrative, j'entreprends d'effectuer une partie de mes inscriptions pédagogiques. Une heure et demie à attendre que l'ordinateur intègre péniblement les éléments saisis. Trop tard pour un thé à la cafétéria, je me rabats sur le bureau des étudiants. Je croise différentes personnes, je discute du festival de Vesoul de l'an prochain avec le chef du projet, je pars en retard.

    A dix-neuf heures quinze, arrivé en retard à mon cours d'histoire de la Lettonie, j'opte pour un nouveau squat dans un autre bureau des étudiants. Thé. Vodka. Vers vingt heures trente, nous nous dirigeons vers un restaurant, où nous avons rendez-vous avec d'autres acteurs de la vie associative. Tartes salées et sucrées. Bonne ambiance, rien de bien concret, prise de contact et brassage d'air chaud. Retour avec le dernier métro.

    Programme de la soirée: avancer ma lecture d' "Angel station", plus que cent cinquante pages à lire; l'affaire d'une nuit. Dormir entre trois et douze heures. Demain, cours de qazaq à neuf heures, levé prévu vers six heures et demie. Ai de gros doutes quant à ma capacité à m'éveiller sans abandonner la partie. L'après-midi, trouver quelque chose à faire pour m'occuper. Peut-être aller à un cours de serbo-croate, de turc ou de persan, je n'y ai pas encore mis les pieds cette année. Le soir, cours de letton. Cinéma si j'en ai le temps. Penser à ne plus avoir besoin de sommeil, ça peut toujours s'avérer utile.

 

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Publié dans schopenhauer

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C
Merci pour les info et tes encouragements. Je t appelerai des que j aurai aborde les cotes de la doulce France et repris des forces.
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