Banane et brillantine, ombres carrelées

Publié le par Paraph


    Lundi six novembre deux mille six. Deux heures cinquante du matin. Petit décalage dans la gestion des jours. Les nuits sont en train de s'emparer du spot. Illumination des petites heures. Fatigue nulle. En route pour l'habitable pressurisé qui parfois vogue au sein du vide.

    Ce matin, j'ai consciencieusement zappé mes cours de slovène, piétiné mes rêves d'altérité et dormi gras. Levé vers neuf heures quarante, parti vers dix heures vingt, arrivé à la fac vers midi moins le quart. Quatre heures de roumain, deux heures de lituanien, trois heures d'estonien. Pas vraiment de pause entre deux cours, à part celles pratiquées d'autor' par la main du maître. Il faut bien mastiquer pour venir à bout de mes salades mentales.

    L'exploration des cas de l'estonien se poursuit. Au menu de ce soir, le partitif, avec quelques emplois insolites. Je mange du pain, je n'ai pas d'amis, il y a trois livres sur la table: tous ces exemples nécessitent un partitif, en estonien. Un partitif singulier. Et je dois me renseigner sur le secteur de l'aviation civile lituanienne d'ici lundi prochain, pour en faire un exposé triomphal. Le rêve de toute une vie.

    Après les cours, plutôt que d'aller au cinéma, je suis passé chez Edriwing, qui a échangé sa chambre avec celle de Goliath, et dispose donc de deux fois plus de place qu'avant. Moral au beau fixe, anniversaire imminent, petite crève passagère. J'ai bu du thé, peut-être était-ce de trop. Rentré avec le dernier métro.

    Une fois de retour au domicile parental, casse-croûte nocturne dans la cuisine, où je croise ma mère sortie se dégourdir les jambes. L'opération s'est bien passée, elle remarche déjà. Je ne me suis pas angoissé un seul instant. Peut-être aurais-je dû, il paraît que ça donne l'impression d'être vivant, de craindre pour la santé des être aimés.

    Programme de la nuit: aller m'étendre sur ma couche, ainsi qu'une lune un peu trop pleine contre le satin de la ténèbre. Lire. J'ai repris ma lecture d' "Angela station", de Walter Jon Williams. Un roman de space op' efficace, qui a enfin trouvé son rythme de croisière. Je suis rentré dedans, et j'ai du mal à le poser. S'efforcer de ne pas y rester toute la nuit, il faut dormir pour être efficace.

    Programme de demain: ne pas aller en cours le matin. Dormir tout mon saoûl, voire un peu trop. L'après-midi, aller bosser. Le soir, cours de rattrapage en estonien. Je commence à bien accrocher sur cette langue, je pense la continuer l'an prochain, ce qui ne sera sans doute pas le cas du letton. Il faut savoir faire des choix. Surtout des mauvais.

 
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Publié dans schopenhauer

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S
Non non, je ne parlais pas d'accepter par opposition à rejeter ; je voulais dire ici "accepter immédiatement sans broncher" par opposition à "remettre l'acceptation à plus tard en attendant meilleure appréhension". Quant au fait de limiter ses références au français, ce n'est pas un reproche que j'adressais personnellement à quiconque en particulier, encore moins de façon générale. N'étant pas adepte des sous-entendus, j'aime à employer "tu" lorsque je m'adresse à mon interlocuteur, et des formules du type "il faut" lorsque je ne souhaite pas spécialement le faire, voire pas du tout.
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S
chère Slečna Meruňka,<br /> ravi de faire ta connaissance, je suis content de voir que ma question t\\\'a interpelée ! En fait je crains de m\\\'etre mal exprimé, car j\\\'entendais "comment" en écrivant "pourquoi".  <br /> Quand au fait de chercher une traduction en français, je ne pense pas que ce soit un exercice aussi destructeur que tu le proposes, et n\\\'étant pas familier avec l\\\'estonien,  c\\\'est la seule façon que j\\\'ai de me faire une idée. <br /> Il me semble qu\\\'en langues étrangères, une manière d\\\'intégrer une particularité grammaticale est de comprendre la démarche sémantique qu\\\'il y a derrière. Et l\\\'exposer en français, lorsque c\\\'est possible, est une façon d\\\'y parvenir.  Bien entendu, il est aussi possible de prendre une règle comme juste une règle sans se poser de question (ce que tu exprimes en disant "c\\\'est la vie").<br /> Quant à rejeter ou accepter une règle grammaticale, dans une langue qui m\\\'est totalement inconnue, j\\\'avoue là avoir un certain mal à comprendre ce que ça peut signifier ;-) 
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P
Je ne connais pas les raisons philosophiques derrière. On en parlera sans doute quand tu rentreras de Chine, soleil rouge.Je précise, à la décharge de notre ami, qu'il n'est pas limité au français dans ses cadres de référence, bien au contraire. Que s'ouvrent les portes de la perception (ou du fisc). 
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S
Mais pourquoi pas, soleil rouge ? Et est-ce qu'elle t'en pose, des questions, la langue estonienne ? À mon avis il faut cesser avec cette fausse question du "pourquoi" en ce qui concerne la grammaire ; elle n'a pas de réponse. Cesser aussi de vouloir comprendre une langue étrangère à travers le français, comme si le français était la langue suprême, le dénominateur commun, et que rien ne peut lui échapper qui existe dans une autre langue.Alors tu acceptes qu'on emploie le partitif en estonien dans des cas où on l'utilise aussi en français, mais pour celui où il est absent en français, ça t'échappe aussi en estonien ? C'est fou. En polonais, par exemple, on utilise le génitif partitif pour "nous" dans la phrase "nous sommes deux" ou "nous sommes trois". En tchèque, non. Bon. C'est la vie.
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S
pourquoi "il y a trois livres sur la table" necessite un partitif ?pourrais-tu donner une traduction semantiquement equivalente en francais faisant apparaitre un partitif ?
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