Rouge comme la terre nourricière
Dimanche cinq novembre deux mille six. Dix-neuf heures deux. J'ai l'impression d'être jeudi. Comme mercredi dernier. Le week-end n'existe pas vraiment. Il ne fait qu'en donner l'apparence. La véritable fin de semaine surviendra dans deux jours, comme tous les mardi. Le froid n'y est pour rien, le brouillard se reflète dans nos lobes surmenés.
Hier, samedi quatre novembre, j'ai trop dormi. En lisant, j'ai fait la sieste; en dormant, j'ai raté mon rendez-vous. Tonga a poireauté, j'ai accouru, nous avons bu, le Sultan nous a rejoints. Achat de livres, achat de disques musicaux. Acheminement collectif vers la banlieue nord, par le réseau express régional, en passant par une boulangerie pour accompagner le fromage, en mangeant une soupe vietnamienne pour ne plus avoir faim pour le repas du soir.
Le soir, anniversaire surprise pour Tonga, qui s'apprête à franchir le quart de siècle. Il a reçu une pipe à eau, une chemise en forme de lettre T, et des disques que j'avais achetés. Retour avec le dernier métro, pour éviter les longues marches nocturnes dans le froid et les foules. Gentil comatage sur le net et dans mon pieu. J'oublie de plus en plus d'éteindre la lumière en m'endormant, je m'en rends compte au matin.
Aujourd'hui, après avoir dormi neuf heures, déjeuné en famille et sorti mon manteau d'hiver, je suis allé au cinéma. Ayant raté ma séance, j'ai opté pour celle d'après. Ramethep et l'Impala m'ont rejoint, pour regarder "La Californie", un film léger, qui se passe à Cannes et met en scène des gens qui font des choses. C'est très beau, ça bouge. Retour au bercail pour y tuer le temps.
Programme de la soirée: d'ici une heure, passer dîner chez mon frère. Nous avons tous deux vieilli d'un an cette quinzaine, peut-être s'agit-il de marquer le coup. Au retour, lire tard. Peu dormir, ne pas du tout être en forme pour enchaîner sur ma journée de demain, douze heures de cours sans pause. Je déjeunerai d'un peu d'air qui passera à ma portée. Je dormirai jeudi, dans dix jours.
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