Eternelle rature
Dimanche vingt-deux octobre deux mille six. Vingt-deux heures trente-sept. Petit bouleversement dans mon univers de carte postale. Bouleversement agréable s'il en est. Comme tout un chacun, je vieillis, et mon entourage s'en aperçoit et m'en fait profiter. Je viens d'avoir vingt-neuf ans.
Hier, passage à l'hôpital pour voir ma mère. Elle se remet bien de son opération. Elle sortira demain, peut marcher avec deux cannes, voire une seule si elle s'accroche. Le moral semble au beau fixe. Dans la foulée, passage à Saint-Denis pour accueillir, recevoir, célébrer. Une dizaine de personnes. Premier volet, la seconde fournée est prévue pour le week-end prochain. Les amis présents se sont ligués pour m'offrir un vélo.
Cela faisait presque un an que je n'avais plus de vélo en état. Inutile de dire que ça me pesait, me manquait, me rendait triste parfois et piéton le reste du temps. Celui-ci roule d'ailleurs très bien, mieux que l'ancien en tout cas. Sorte de mélange entre un vélo de ville et un vélo tout terrain, ça n'est pas le modèle que j'aurais acheté, mais j'en suis très content. Après être resté dormir sur place, je suis rentré avec, ce midi. Trente kilomètres de régal, à respirer les gaz d'échappement en déjouant les pièges tendus par la maréchaussée, les voitures et la chaussée, à esquiver les bus, doubler les collègues cyclistes, me faire redoubler quand j'attends aux feux rouges, laisser la priorité aux piétons qui en ont bien besoin quand ils ne respectent pas le balisage et marchent n'importe où.
Retour en sueur, petit tour en bagnole avec mon père, passage éclair dans le réseau express régional, et me voici en retard d'une petite heure à peine pour une séance de jeu de rôle à Massy. Trois heures de tergiversations pour choisir des cadeaux à offrir à d'hypothétiques interlocuteurs rencontrables en aval, deux heures de négociations pour fixer la taille exacte de notre escorte, et une poussive mise en route de notre importante délégation. Je me suis bien amusé.
Programme de la soirée: sous l'efffet du thé absorbé en grande quantité, ne pas dormir avant trois ou quatre heures du matin. Dans l'intervalle, avancer ma lecture de "Notre-Dame de Paris", commencé hier et à peine entamé. C'est ma première expérience concrète de Victor Hugo en tant que romancier; la pesanteur est bien au rendez-vous, mais il semble meilleur prosateur que poète, à part quelques éclairs de génie qui me l'ont fait aimer du temps de ma jeunesse. Je ne connais le synopsis de l'œuvre que par ouï-dire, n'ayant jamais vu les films et dessins animés qui en sont adaptés. Surpris.
Demain matin, début de ma quatrième semaine de travail, et le soir, lancement de ma troisième semaine de cours. Au menu, civilisation estonienne, grammaire lituanienne, conversation estonienne et un peu de letton en catastrophe. Plus que sept jours à temps plein. Et quand j'aurai le temps, des randonnées à bicycleeetteuh.
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