Elastica
Lundi neuf octobre deux mille six. Vingt-trois heures vingt-neuf. Accélération du rythme des choses. Compression des impératifs en un espace de temps de plus en plus ramassé. Je dors bien, mais pas assez. J'ai toujours mal à la cheville. Devant la douleur, j'ai fini par mettre de la pommade et enfiler une chevillère. Elle m'a bien tenu aujourd'hui, je n'ai pas eu vraiment mal. Je n'ai pas non plus tellement eu besoin de marcher.
Hier, partie de jeu de rôles. De mémoire d'homme, la première fois que je maîtrisais. Ca s'est bien passé, je crois que mes joueurs se sont bien amusés, à part celui qui n'était pas là pour cause de rendez-vous manqué. En espérant qu'il ne m'en voudra pas d'être parti avant qu'il n'arrive.
Ce matin, début de la seconde semaine de travail à temps complet. Pas toujours facile de trouver à s'occuper. La routine administrative dans tout ce qu'elle a de magnifique. A la fin de la semaine, tous les étudiants vacataires seront regroupés dans un bureau étroit, où nous passerons le reste du mois. J'ai par ailleurs reçu confirmation de l'impossibilité de m'inscrire à l'agrégation avec mon ersatz de bac plus quatre qui ne vaut qu'un bac plus trois. Il va donc falloir que je relance le compte à rebours pour la rédaction de mon mémoire. Plus que vingt-deux jours. Et un gros coup de barre, je sens que je ne vais pas y travailler ce soir.
Après le boulot, je suis passé à la fac. J'aurais pu avoir mes premiers cours de russe, mais j'ai préféré opter pour un groupe de jour. Je débarquerai en cours dans deux mois, en espérant ne pas avoir trop de choses à rattraper. Trois heures d'estonien plus tard, et le cerveau vidé, j'ai croisé les gens de ma famille qui allaient se coucher, j'ai vidé les plats entamés et me suis enfilé la mixture ainsi composée. Le sommeil me guette.
L'estonien est une langue assez intéressante, qui recèle des mystères et des bizarreries que j'étais loin de soupçonner. Je crois que je vais essayer de suivre les cours jusqu'au bout. Nous sommes trois en cours. Tout un tas de processus que je suis trop fatigué pour décrire. Il y a des consonnes de différentes longueurs. Quelques voyelles étrangères à nos bouches. Des cités bâties en des temps reculés par des créatures qui n'étaient pas tout à fait humaines.
Programme de la nuit: tenir le coup jusqu'à l'arrêt complet des moteurs et aller me coucher dans mon lit plutôt que devant l'ordinateur. Je me mettrais bien au galois, mais je crains de n'être pas en mesure de fonctionner normalement.
Programme de demain: trouver une langue à aller suivre le soir, et me tanquer une nouvelle journée de routine. Viva Zapata.
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