Mine à ciel ouvert
Samedi sept octobre deux mille six. Vingt-et-une heures trente-sept. Fin de saison en demi-teinte. Blessure persistante. Les transports en commun sont à blâmer, ainsi que ma superbe.
Ce matin, plutôt que de dormir jusqu'à pas d'heure, j'ai opté pour un réveil moins précoce que dans la semaine, une grasse matinée jusqu'à neuf ou dix heures du matin. Les six heures de sommeil m'ont fait du bien, je n'ai presque plus mal à la jambe. Je me sens suffisamment bien pour être d'attaque pour me rendre au repas que j'avais décliné la veille pour cause de fatigue anticipée.
Le midi, avec le Lion, Vertige et Waï, restaurant coréen quelque part vers l'Opéra de Paris. Un bon repas. Un peu cher pour ma bourse déjà vide, mais presque copieux. Le Lion s'envole demain pour le Japon, où un grand constructeur automobile français a décidé de l'embaucher, au sortir de ses études. Il avait l'air confiant en un avenir radieux. Soleil rouge sur la mer verte.
Après le repas, tentative pour rester sur Paris, mais Ramethep dort du sommeil du juste, et nous avons trop traîné à trouver un agent de change ouvert un samedi, pour pouvoir aller à la séance de quatorze heures. Plutôt que de rester dans la capitale surchauffée par un soleil anormal, je propose à Vertige d'aller en banlieue, déambuler sur les pelouses d'un Versailes de poche près de chez moi. Le métro est assez pénible à prendre, et le réseau express régional ne marche pas, à cause d'un problème technique. Puissent-ils brûler en hiver. Nous rentrons à pied.
Et, je n'aurais pas dû. Mon entorse, ma foulure, ma tendinite, ou quelle qu'en soit la nature, à la cheville, est repartie de plus belle. Je crois bien que mes chaussures (je chausse du quarante-trois) sont sur le point de mourir, et que mes pieds n'aiment pas. Avec ma prochaine paie, il faudra que je m'en rachète, à moins qu'une intervention extérieure ne m'en dispense. Je chausse du quarante-trois (je ne sais pas si je l'ai déjà dit), et il me faut des chaussures un peu montantes, mais légères. Elles doivent me tenir la cheville, sans pour autant peser deux tonnes. Oubliez les caterpillars et autres rangers, il me faut de l'à peine plus haut qu'une basket. Je dis ça comme ça. On ne sait jamais.
Bref, retour pénible, j'ai de nouveau mal à la cheville droite, et je crains qu'elle n'ait enflé. Je devais me mettre de la pommade dans la semaine, mais j'ai eu la flemme. Comme mes chaussures sont pourries et que je marche n'importe comment, j'ai aussi mal au pied gauche, à présent. Vivement que j'aie un nouveau vélo, ça m'évitera de marcher. A peine rentré, j'offre à boire à Vertige, et je vais me coucher. Quatre heures de sieste sous la couette, et ça va un peu mieux. Sauf que j'ai quand même vachement mal à la cheville.
Programme de la soirée: bouquiner. Toujours cette histoire de bandes dessinées à rendre demain. Du coup, ma partie de jeu de rôles, je vais la préparer demain matin. Ou demain après-midi. Bref, au dernier moment. Pour ne pas changer. Ce soir toujours, éviter de moutonner avec les amateurs du Paris noctune mandaté par la loi, ménager ma cheville et me coucher tôt. Profiter du samedi soir pour ne voir personne, j'en vois bien assez dans la semaine.
Niveau lecture, j'en ai enfin fini avec "L'argent", qui a bien mis une petite semaine à être lu, à raison de petites sessions quotidiennes dans les transport surbondés et de soirées consacrées à voir des gens. Bilan de la semaine, beaucoup de sommeil en retard, pas assez lu, et le boulot se passe mieux que prévu. Une cheville récalcitrante, des chaussures bonnes à jeter. Et j'ai entamé "L.A. Tabloid", un roman de James Ellroy racontant l'ascension et la chute des Kennedy, ou quelque chose d'approchant. Première rencontre avec l'auteur, son style compact est un peu déroutant au début, mais on entre vite dans sa prose. Ca me fait penser à du John Le Carré, mais en mieux écrit, en moins magistral, avec plus de style, plus de jazz entre les lignes, ça doit être vachement dur à traduire. Je me demande s'il n'a pas un style totalement différent dans le texte en français.
Deux autres Zola me lorgnent depuis leurs étagères, "Une page d'amour" et "L'assommoir", mais je vais tenir le coup et attendre quelques semaines avant de m'y plonger. C'est rigolo, Zola. Il raconte toujours la même chose, mais il le fait bien. C'est comme si Victor Hugo avait eu du talent et quelque chose à dire.
Publicité