Mordu jusqu'au sang

Publié le par Paraph


    Mardi quinze août deux mille six. Vingt-trois heures trente-huit. Voilà quatre jours que je me suis retiré du monde, tout entier tourné vers un seul objectif: rédiger mon mémoire, ou plutôt achever de le rédiger, puisque j'en avais déjà, en mai dernier, produit une petite trentaine de pages. L'enjeu de cette rédaction, rappelons-le, est tout bonnement l'utilité de l'année à venir, dans ma vie et dans celle de mon entourage. Ayant récemment obtenu mon capes d'anglais, j'ai demandé, et obtenu, un an de report pour cause de préparation de l'agrégation. Cette agrégation, pour avoir le droit de m'y inscrire, nécessite l'obtention préalable d'un diplôme sanctionnant quatre années d'études après le baccalauréat, en l'occurrence, une maîtrise. Depuis onze ans que je me suis embarqué dans le fiasco de mes études universitaires, je n'ai pas encore réussi à valider entièrement une seule maîtrise; j'en ai pourtant préparé onze, dans quatre disciplines différentes, jusqu'à trois la même année. Cette année, je n'ai plus guère le choix. Cette année, dis-je; "ce mois" serait sans doute plus approprié. Car il me reste moins d'un mois pour avoir entièrement bouclé ledit mémoire. Voilà l'enjeu, le délai en est connu, je n'ai plus qu'à me mettre à la tâche.

    Mais ça n'est pas si simple. Ou plutôt, si. C'est tellement simple, de se mettre à bosser et de produire la centaine de pages exigée par cet exercice académique, que je n'y arrive pas. Mon esprit est sans doute trop retors pour admettre la nécessité d'appliquer une stricte discipline, et ma tendance tant à la dispersion qu'à la procrastination est vraisemblablement trop prononcée pour que je puisse travailler efficacement, sans un minimum de contrainte extérieure. Me voilà donc, depuis quatre jours, livré à moi-même, disposant d'un accès permanent à l'ordinateur me permettant de m'acquitter de mon travail, et qu'ai-je fait?

    J'ai accueilli un ami, qui est resté chez moi la totalité des quatre jours. J'ai regardé la télévision jusqu'à dix heures par jour, essentiellement pour zoner devant les championnats du monde d'athlétisme. Je n'ai pratiquement pas lu. J'ai effectué des allées et venues entre mon domicile et le distributeur de DVDs, seul ou accompagné de Vertige, qui s'est tordu la cheville pour l'occasion. J'ai mangé des yaourts, bu des bières et regardé des documentaires animaliers. J'ai découvert un jeu en ligne, simple dans sa réalisation, auquel j'ai consacré plusieurs heures d'affilée. J'ai peu dormi, généralement entre sept et dix heures du matin. J'ai écouté douze heures en boucle une radio de variété francophone des années soixante à nonante. J'ai travaillé un peu moins de deux heures, pour une production totale de trois pages.

    Niveau lecture, je suis toujours sur "City on fire", un roman post-futuriste faisant suite à "Metropolitan", de Walter Jon Williams. J'ai également commencé "Tristram Shandy", de Laurence Sterne, un roman comique difficile d'accès, datant de la fin du dix-huitième siècle, que je ne connaissais jusqu'ici que parce qu'ayant influencé, paraît-il, "Les liaisons dangereuses". J'ai prévu d'enchaîner des romans volumineux dans un intervalle très bref, mais je n'ai pas commencé.

    Niveau cinématographe, j'ai regardé "Traffic", "Shaun of the dead", "Lord of war" et "American history X" en vidéo, et "La tourneuse de pages" au cinéma. Des trucs avec des images, c'était joli. Je manque d'images ces temps-ci, dès que j'en aurai terminé avec ce mémoire, je retournerai au cinéma. Quelques jours d'affilée, histoire de m'emplir la tête d'images.

    Dans un peu moins de sept heures, je prendrai place à bord d'un train pour Belfort, dans le but de rejoindre mes parents, partis dans les Vosges passer une quinzaine de vacances. J'y resterai quatre jours, après quoi j'accompagnerai mon frère et sa copine à Lyon, où ils habitent, et où je demeurerai deux jours, avant de reprendre le train pour Paris. Dans une semaine, retour à la case départ, quatre jours d'autonomie et d'isolement, avec les mêmes objectifs que les quatre jours écoulés. Avec, je l'espère, des résultats plus concluants. Advienne que pourra, comme a dit je ne sais plus qui.

 

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Publié dans schopenhauer

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P
    La validation du stage, ça attendra deux ans, donc si je peux avoir ma maîtrise dans un mois, ça me fera gagner du temps. 
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V
Allez, un bon coup de collier au dernier moment  (m'enfin, prendre conscience du minimum de délai à établir : en huit jours c'est peut-être faisable) et c'est dans la po-poche ! Avec mention, bien sûr...
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A
Désolé pour la répétition. Je parlais de la titularisation à l'issue du stage.
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A
Vous n'avez pas besoin d'une Maîtrise pour vous inscrire à l'Agrégation si vous êtes déjà titulaire du CAPES (et que vous êtes titularisé, évidemment).
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P
    C'est gentil de le proposer, mais je devrais pouvoir m'en sortir. Ou alors, je profite de ce que tu ne sois pas chez toi pour aller squatter le pc, etc. C'est plutôt ce genre de trucs qui me font défaut. Ou qu'on m'enchaîne à la table de travail, sinon je vais bouquiner. 
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