Marée montante
Vendredi onze août deux mille six. Onze heures dix-huit. Si tout se passe bien, ma rédaction de mémoire devrait reprendre aujourd'hui. Dans un souci de non-planification, j'ai décidé d'y passer mon week-end de quatre jours. Dès demain matin, mes parents disparaîtront dans l'enfer des vacances, me laissant seul, face à moi-même, l'ordinateur et les enjeux que je me suis fixés. Dans cinq jours, j'irai les rejoindre, à l'autre bout de la France, dans une région couverte de collines, où les gens parlent, paraît-il, avec un accent frais comme ces petites pilules pour la gorge qu'ils exportent vers nos contrées tempérées.
Hier, allant à l'encontre de mon programme, je me suis rendu sur Paris, histoire de me changer les idées. Squat chez Ramethep, partie de cartes ("Les pygmées cannibales de la jungle maudite" ou quelque chose d'approchant), perfusion de thé, pâtes à profusion, retour par le dernier métro. En rentrant, j'ai scotché pendant deux heures sur une rediffusion de "Koh-Lanta". Les candidats du jeu sont de moins en moins nombreux, ils ont faim, ils sont malades, les mouches et les crabes se disputent déjà leurs dépouilles. J'avais raté la deuxième émission, je suis bien content d'avoir pu reprendre le fil. Il y a quelques années, un été où je m'ennuyais ferme, j'ai contracté l'habitude de suivre cette émission. J'y apprends beaucoup sur la nature humaine. Ouais, ça fait bien. Je garde la phrase.
Programme de la journée: végéter devant l'athlétisme féminin à la télé. Poursuivre ma lecture de "City on fire", de Walter Jon Williams, qui se trouve être la suite de "Metropolitan" ("Plasma" en traduction française, la suite étant "La guerre du plasma"), reçu hier par la poste. C'est amusant, mon exemplaire, grand format à couverture rigide, a été apparemment donné par une bibliothèque texane à une association de lutte contre l'analphabétisme. Ca n'est pas le premier livre de ce type que je reçois. A terme, j'aurai sur mes étagères un petit morceau de Texas où je pourrai faire pousser des stetsons et des cactées.
Le vrai programme de la journée consistera, bien sûr, à me mettre enfin à la tâche. Depuis le temps que j'attends ça. Je n'ai à vrai dire plus d'excuse, à supposer que j'en aie jamais eue, de ne pas relever mes manches et attaquer le dur labeur. Dans les jours à venir, il faudrait que je ne fasse rien d'autre. Ce qui risque d'être malaisé, Vertige ayant décidé de venir squatter quelques jours, avec ma bénédiction. Je serai juste un peu asocial. A supposer que je ne sois pas en train de regarder les DVDs d'Almodovar qu'on m'a prêtés, et que je dois rendre, dans un avenir pas trop lointain, à leur propriétaire.
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