Omelette au lard

Publié le par Paraph


    Jeudi vingt-sept juillet deux mille six. Midi cinquante-sept. L'orage a éclaté hier soir, sur le coup des vingt-deux heures, tandis que nous prenions un repas en famille autour d'un barbecue poussif. Les saucisses étaient bonnes, et les éclairs étaient pyrotechniquement très réussis. Ma grand-tante de quatre-vingt-un ans tient bien la route, malgré des problèmes de santé récurrents nécessitant des opérations à répétition, et elle m'a fait part de tout un tas d'anecdotes sur sa jeunesse, celle de mon grand-père, pendant et après la guerre, et sur des ancêtres communs. J'ai appris que mon trisaïeul était agent de police sur Paris, et était mort octogénaire, du tétanos, en dix neuf cent cinquante-et-un.

    La nuit a appartenu aux orages, aux vents sauvages qui déchaînent leurs passions d'une pièce l'autre. J'ai passé les trois ou quatre premières heures de la nuit à me lever pour ouvrir les volets, fermer les fenêtres, éponger les flaques d'eau, coincer les portes pour ménager des courants d'air, ouvrir les fenêtres pour laisser passer le vent, fermer les volets pour éviter l'inondation à outrance, faire des aller et retour entre les différentes pièces pour vérifier que la pluie ne s'infiltrait pas, tout en permettant à la température ambiante de baisser suffisamment pour devenir respirable, et ne plus baigner dans mon jus. Opération réussie. Vers cinq heures du matin, j'ai enfin pu dormir d'une traite, jusque vers onze heures.

    Programme de la journée: au lieu de travailler à mon mémoire, pour lequel il me reste en  tout et pour tout trente-cinq jours, je compte lire. "Treasure island" est déjà bien entamé, il s'agit bel et bien d'un roman pour la jeunesse, que j'aurais dû lire durant la mienne, mais que voulez-vous, on ne choisit pas toujours son parcours de vie. En fin d'après-midi, monter sur Paris, à la nage si le temps le permet, pour aller manger des nouilles avec Vertige, de passage pour des examens médicaux de routine. Au passage, intercepter un collègue pour lui transmettre mes cours de chinois, et convaincre mon banquier que je suis solvable.

 

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Publié dans schopenhauer

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