Soif de mordre

Publié le par Paraph


    Vendredi vingt-huit juillet deux mille six. Midi cinquante-quatre. Le vendredi est un samedi qui ne dit pas son nom. Depuis ce matin, j'ai l'impression d'être demain, et hier déjà, je me sentais vendredi. Sans doute un contre-coup des  vacances, un effet secondaire de cette longue parenthèse dans ma vie, qui dure depuis bientôt douze ans. Les vacances, c'est-à-dire les études, seront bientôt terminées. Je ne le sais pas encore de façon certaine, mais j'ai ma petite idée là-dessus. Je m'accorde encore un an pour en finir avec la glande, avant d'entrer de plain-pied dans la vie supposément active. Ca me fait doucement rigoler. Je retourne à l'école.

    Hier, petit passage sur Paris. Vertige était de passage, nous avons mangé des nouilles aux tripes dans une gargotte vietnamienne, envahie, comme tout le quartier, par des internationaux mandarinophones, avant de nous diriger, à pied, vers le cinéma. Aucun film marquant, ou les horaires ne concordaient pas, nous avons longé la Seine jusqu'au quartier latin, où je me suis fendu de quelques euros pour repartir avec un sac rempli de livres achetés à crédit. Nous avons enchaîné avec un cidre hors de prix dans un pub du quartier, avant d'aller manger des pizzas chez Ramethep, condamné à manger du riz tous les jours de sa vie. Retour par le dernier métro.

    Programme de la journée: glander. Faire la sieste si je peux, je me suis réveillé trop tôt et mon esprit n'a jamais vraiment décollé. Lire, je viens de commencer "Dans les bois éternels", dernier roman de Fred Vargas, que j'ai fini par commander en solde, et à recevoir par la poste. J'ai achevé ce matin ma lecture de "Treasure Island", qui m'aurait sûrement beaucoup plu si je l'avais lu il y a vingt ans. Le Vargas semble pareil à tous les autres, ça démarre mollement. J'ai l'impression que ses romans sont de plus en plus volumineux, et de plus en plus vides. Mais j'y trouve mon compte, j'aime bien la littérature de gare.

    Plus tard dans la journée, me rendre à Vitry pour un barbecue avec des gens. J'hésite entre le bus (direct) et mes pieds (direct aussi), ça fait longtemps que je n'ai pas opéré de translation pédestre à travers la banlieue, et comme il fait meilleur, j'y prendrai certainement un plaisir non dissimulé. Et je pourrai lire en même temps. Dans la soirée, revenir, traîner, faire durer le suspense. Ne pas m'avouer vainqueur. Et dans deux jours, reprendre la rédaction de mon mémoire, le temps presse, que diable, le temps presse.

 

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Publié dans schopenhauer

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P
La carte orange est déjà incluse dans ma pension alimentaire, mais j'achète des bouquins avec, donc il faut bien marcher. Le soleil, c'est un état d'esprit, et puis, j'ai une casquette. 
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Maintenant que tu es capesard, pourquoi tu ne convaincs pas tes parents de te financer une carte orange, en leur promettant de les rembourser sitot la premiere paye arrivee ? Tu aimes tant que ca marcher sous le soleil ?
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