Les feuilles du cerisier
Mercredi vingt-six juillet deux mille six. Seize heures cinquante. Je m'habitue progressivement à la chaleur. Elle ne me dérange à vrai dire plus vraiment, tant que je ne sors pas de chez moi. Les radiations qui pleuvent du ciel sont parfois dangereuses. Les plaques rouges qui me couvrent le dos par intermittence sont sans doute dues à la chaleur. Je me douche une à deux fois par jour. Il ne me manque plus qu'un vélo pour être en nage.
Hier, journée banale, semblable à toutes les autres. Je n'ai rien fait de significatif à part perdre mon temps sur la toile, dialoguer avec des amis, dîner aves mes parents, les battre au scrabble et avoir trop chaud.
Aujourd'hui, je suis parvenu à dormir dix heures d'affilée, malgré la chaleur. Il suffit de changer de flaque toutes les deux heures, et la nuit se déroule harmonieusement. Je me suis éveillé en pleine forme, fermement décidé à m'atteler à la rédaction de mon mémoire. Et j'ai effectivement rédigé une demi-page, avant de m'arrêter. Il faudra vraiment que je relise mes sources avant de mettre mon plan à la poubelle et de recommencer à partir de rien. Il me reste trente-six jours pour rendre le tout.
Programme de la journée: ne rien faire. Dormir. Je viens de commencer "Treasure island" de Robert Louis Stevenson, et j'y trouve un plaisir enfantin qui ne m'a jamais quitté. La vie adulte, c'est pour les autres. Dans la soirée, barbecue en famille, une grand-tante, le frère et sa marmaille. Ne pas zoner toute la nuit sur le net, il y a des livres pour ça. Cultiver mon insomnie, elle ne m'a jamais trahi.
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