La marche des manchots
Vendredi quatorze juillet deux mille six. Deux heures neuf du matin. De passage au domicile parental, pour trois à quatre heures de sommeil, j'en profite pour renouer avec les accrochages de la toile. Ca me fait toujours un bien fou.
La journée s'est passée comme prévue, adieux à la famille lyonnaise, deux heures de train à grande vitesse, prise de thé chez un ami opportunément voisin de la gare, puis barbecue à tout plein chez le grand vainqueur du jour. Retour en voiture. Au passage, j'ai pu croiser mes parents, tant père que mère, rentrée ce soir même de ses vacances en Roumanie. C'est agréable de sentir poindre comme une lueur de fierté dans les yeux du père, après tant d'années de stagnation sociale sinon intellectuelle. Je ne m'étais plus senti aussi proche d'eux depuis mon succès au bac, que je n'avais pas préparé non plus.
L'an prochain, je passerai l'agrégation sans l'avoir préparée, et je ne l'aurai pas.
Programme de la soirée: dormir, ne serait-ce qu'une heure ou deux. Lire le premier bouquin que me passera sous la main. Je suis toujours sur un Raymond Chandler qui traînait au sommet d'une pile. Dans la semaine, penser à déplacer mes piles pour trier les lus des non-lus. Programme de demain: co-voiturage jusqu'à Rennes, départ dans cinq heures. Mariage sous le grand chêne, tous mes vœux de bonheur. Banquet, baragouiner en mandarin à des beaux-parents cantonnais. Dormir où le sommeil me prendra, à moins qu'on ait prévu des lits, ne pas pouvoir se payer l'hôtel. Revenir comme on pourra le dimanche matin, sans savoir comment on pourra débourser les cinquante euros du billet de train, sans un sou en poche.
Neal Stephenson est décidément très fort. Je me suis remis à lire "Quicksilver", premier tome de sa trilogie baroque, dont j'ai justement acheté le dernier tome à mon frère, pas plus tard qu'avant-hier. Le monde est tout de même bien fait.
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