Le temps des cerises
Mercredi cinq juillet deux mille six. Dix heures quarante-sept. Plus qu'un jour avant mon départ pour Toulouse. J'ai les foies. Penser à les faire revenir dans un peu de vinaigre balsamique, avec une noix de beurre et beaucoup de patates. C'est bon, les patates. Ma préparation avance presque. J'espère à moitié que ma cousine, qui doit m'héberger le premier soir, aura en sa possession des documents pouvant m'aider à être au point. Dernière ligne droite, pointe d'accélération.
Avant-hier, le lundi trois juillet deux mille six, j'ai attendu place Saint-Michel, une heure et demie, que le Sultan parvienne à se dépatouiller des trains, des voitures, des passants, toutes ces inconnues qui viennent perturber l'harmonieuse équation de la vie. Quand il arrive enfin, trop tard pour aller au cinéma, nous filons droit sur Saint-Denis. La Trinité, réduite en l'occurrence à une entité bicéphale, nous y accueille, nous y nourrit, nous y distrait par toute une série de techniques impliquant l'usage de cartes, de dés, de paroles rituelles et de sentiments contraires. Quelques parties plus tard, nous allons nous coucher. Tarte au chèvre, très bonne. Endormi vers cinq heures du matin.
Hier, le mardi quatre juillet deux mille six, je me suis levé vers neuf heures. Petit déjeuner dionysien, et je pars vers midi, le Sultan sous le bras, en direction de Sartrouville pour un buffet champêtre. Métro, puis métro, puis bus. Existe aussi en RER, puis RER, puis bus, mais c'est plus cher. Nous traversons une banlieue agréable, j'aperçois même des vignes sur un rond-point. Repas en intérieur, salades composées, assiette de charcuterie, une bouteille de vin rouge, une bassine de crevettes, bref, encore un de ces plantureux festins tels qu'en apporte la saison estivale. Comatage devant un DVD ("A night at MacCall's", ou quelque chose d'équivalent, une comédie américaine avec des bons acteurs dans des rôles convenus), puis retour sur Paris, où nous arrivons tard, après beaucoup de problèmes non-identifiés liés au mauvais fonctionnement des trains de banlieue, pour un restaurant coréen du côté de la Nation. Agréable décor, nourriture délicieuse, chaleureuse compagnie. Un bon moment à passer. Je suis rentré, pour m'endormir comme une masse, vers deux heures du matin.
Ce matin, réveil vers dix heures, frais et dispos. Le moral est plutôt bon, quoique sans beaucoup d'illusions quant à mes chances de succès au CAPES d'anglais qui va me tomber dessus dans quelques jours à peine. Dans cinq jours, tout sera fini. Mais d'ici là, je devrai passer mes premiers oraux sérieux depuis le bac (qui était franchement de la rigolade), et ma préparation est tout sauf à la hauteur. Ca ne me pose pas de problème de conscience, mais je respirerai mieux après le tout. Autre avantage certain, les résultats me seront connus peu de jours après ma piètre prestation.
Programme de la journée: me reposer, horizontalement si possible. Réguler mon alimentation. Minimiser le stress en ignorant l'enjeu. Préparer tranquillement mon sac pour demain. Je partirai une petite dizaine de jours, ce qui ne m'était pas arrivé depuis l'été précédent. Si j'en trouve la motivation, améliorer ma préparation en apprenant les choses que j'ignore. Le soir, rester cloîtré chez moi, ne pas tenir compte de l'actualité sportive, en espérant tout de même que l'équipe de France de football soit enfin éliminée de je ne sais quel tournoi. Moins il y aura de crétins à faire la fête dans les rues, mieux je dormirai. Demain matin, je dois me lever vers quatre heures, que diable.
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