Au bord de la rivière
Dimanche deux juillet deux mille six. Midi douze. Encore fatigué de ma nuit d'hier, je ne suis heureusement pas perclus de courbatures. L'exercice physique excessif de la soirée aurait pu le laisser présager, mais il semblerait que mes étirements aient payé. Pas beaucoup dormi, juste ce qu'il faut pour paraître à peu près fonctionnel, le temps d'une après-midi entre amis. La soirée apportera de nouveaux enjeux qu'il nous faudra résoudre, si nous voulons que notre belle planète Zenn-La survive aux menaces cosmiques qui s'en approchent.
Hier, le mariage a été à la hauteur de mes attentes. J'imagine. Le seul hic concernant ce mariage, c'est que je n'y ai pas tout à fait assisté. J'étais à la bonne heure au rendez-vous, mais pas au bon endroit. Quatorze heure à la mairie d'une petite ville de banlieue. J'y étais. A ceci près qu'à quatorze heures, toute la troupe du mariage était rassemblée dans une église orthodoxe parisienne, pour la bénédiction. La cérémonie civile avait eu lieu deux heures plus tôt, vers midi. Bilan des courses, j'ai tout raté. Boh, pas grave. Mais mon ami Tormentor, qui m'accompagnait, l'a plutôt mal pris. Pour patienter jusqu'au banquet vespéral, nous nous sommes promenés dans une forêt voisine, avant de finir par boire de la bière à fort pourcentage d'alcool, au bord d'une rivière, au milieu de grenouilles à peine écloses qui s'extrayaient de la fange primitive. J'étais donc fin cuit en arrivant sur le lieu du repas. Le photographe officiel m'a probablement détesté.
Le repas était, comme beaucoup de repas de mariage, bon et peu copieux, sans être frugal pour autant. Un parfait équilibre entre la recherche des saveurs et le respect de la masse corporelle du danseur de salon. Car nous dansâmes. Je me suis inélégamment désarticulé, des heures durant, sur une musique indifféremment massacré par un disc-jockey sans personnalité, comme je les aime. Pas trop intrusif, permettant d'écouter la musique et de danser en l'ignorant. J'ai dû suer plusieurs litres, inondant la piste de danse de mes fluides corporels. L'ambiance était plutôt bonne, avec les dérives classiques de ce genre de soirée.
Les mariés, est-il utile de le préciser, étaient sublimes dans les attirails respectifs. Je suis rentré vers cinq heures du matin, esquivant la capitale et ses hordes d'enthousiastes avinés célébrant je ne sais quel exploit sportif. Sans doute en rapport avec Wimbledon.
Programme de la journée: remise du couvert chez les parents de la marié, pour un brunch de saison. J'espère qu'il y aura des patates. Dans la soirée, ou l'après-midi si elle survit à la léthargie collective, travailler mes oraux, que diable. Plus que quatre jours avant mon grand départ. Mes finances sont bien entendu au plus bas, je devrai sans doute me contenter de manger du pain pendant des semaines. Ou une semaine sur deux.
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