Au bord de la piscine

Publié le par Paraph


    Vendredi trente juin deux mille six. Treize heures. Réveillé depuis une heure environ. Bien dormi, mais par vagues, comme dans une machine à laver. Encore des raideurs dans la nuque, qui passeront sûrement si je me repose encore vingt-quatre heures. Ce qui n'est pas près d'arriver. Sans être trépidante, ma vie comporte tout de même quelques événements qui se convertissent au jour le jour en une vaste fuite en avant. Le salut est dans l'accélération, semble-t-il.

    Hier, prise de bière dans un pub hors de prix du cinquième arrondissement de Paris. Arrivés trop tôt pour le happy hour, nous avons payé plein pot. Dommage. D'autant plus dommage que, trente mètres plus loin dans une petite rue, le happy hour commençait à midi. J'ai pu rendre ses possessions à mon interlocuteur, constater à quel point le temps ne l'avait pas changé, écourter la conversation en siphonnant ma Kilkenny, et partir au bout d'une heure. Soucieux de rester dans le quartier en patientant jusqu'au soir, je suis allé au cinéma, où j'ai pu assister, un peu par hasard, à la projection d'une version restaurée de "Profession reporter" ("The passenger"), un film de Michelangelo Antonioni datant de mille neuf cent soixante-quinze, avec Jack Nicholson dans le rôle-titre. Ca se passait, notamment, dans des régions désertiques d'Afrique et d'Espagne. Une sorte de road-movie sans cactus. Un moment agréable à passer, la nuque en compote.

    Dans la foulée, je me suis fendu de quelques euros pour repartir avec un sac en plastique plein de livres en anglais, glanés chez un libraire du quartier latin. J'ai traversé la Seine pour aller dans le Marais, chez des amis, pour un repas. Le repas s'est bien passé, nous avons joué aux cartes jusqu'à deux heures du matin, et je suis rentré à pied, dix kilomètres ma bonne dame, à travers la banlieue, mon sac de livres à la main, qui tirait sur ma nuque. Au réveil, j'ai encore quelques courbatures, notamment dans le cou et sous les pieds. Mais je ne vais pas me laisser faire par l'univers des objets.

    Programme de la journée: recevoir un appel du Sultan, actuellement prisonnier de l'enfer du papier, le rejoindre sur Paris où nous pourrons deviser, prendre le thé si Ramethep existe, aller au cinéma si j'en donne l'ordre aux ondes sonores. Dans la soirée, participer à un déménagement, ou ressortir l'argenterie du buffet pour mettre en œuvre un remake de l'éternel retour. Et demain, mariage orthodoxe dans et autour de la capitale.

 

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Publié dans schopenhauer

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P
Tu m'as convaincu. Ce film a l'air sans intérêt. Je cours le voir. 
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B
Incroyable (+1) j'étais au Quartier Latin hier à Paris et j'ai moi aussi failli voir "Profession reporter" d'Antonioni, car j'avais vu Blow-up et j'avais trouvé que c'était un chef d'oeuvre... Finalement il y avait Tideland qui sortait à UGC Odeon et je suis allée le voir. (Mauvaise idée d'ailleurs) Dans la salle il y avait que des vieux qui se connaissaient tous, des touristes anglais,  et un groupe de spécialistes de cinéma qui notaient des trucs sur un bloc-note en même temps qu'ils watchaient le film. Et puis le film lui-même était creux et sans intérêt.
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