Sédimentation
Dimanche dix-huit juin deux mille six. Onze heures vingt-trois. Mon sommeil, par ailleurs réparateur, a été perturbé par un début d'angine/bronchite, que j'espère contrecarrer grâce au thé, grâce à l'eau, mes amis les liquides qui emplisent d'aise mes canaux. La chaleur est moindre qu'il y a quelques jours, j'ai donc pu dormir jusqu'à une heure avancée de la matinée. En ce moment, j'ouvre la fenêtre en grand quand je me couche, pour aller la refermer, ou la mettre à l'espagnolette, peu après le lever du soleil, pour éviter l'intrusion d'insectes volants diurnes dans mon espace intime. Ca m'évite d'avoir à les tuer. La cruauté, c'est fatigant.
Hier, repartis sur les chapeaux de roues, nous avons trimbalé nos deux amis dans les rues de Paris, déguisés en dieux grecs, vêtus de toges blanches du plus bel effet. Une série d'énigmes, assortie d'épreuves symboliques, la plus dure semblant avoir été de porter des sandales toute la journée. Les ampoules étaient au rendez-vous. De mon côté, la couenne déjà malmenée par les soleils de mai n'a pas daigné rougir aux rigueurs de juin. Les cheveux qui repoussent dans la nuque m'ont bien aidé. Dans la soirée, je me suis éclipsé pour aller rejoindre des gens, sur des tables de pique-nique, pour enfourner une belle plâtrée de "ma-fé" (orthographe incertaine), un plat africain à base de viande ovine, accompagné de riz. Retour par le dernier métro.
Programme de la journée: un pique-nique au parc de Sceaux, proche de mon domicile. Je ne ferai que passer, l'espace d'une ou deux heures, mais c'est à l'occasion d'un double anniversaire. Partie de jeu de rôles sur Massy. Avant-dernière séance de la campagne commencée il y a cinq ans, si le rythme de jeu est respecté. J'ai comme un doute. Dans la soirée, me coucher tôt, planifier ma semaine, tenter d'achever la lecture d'un des nombreux ouvrages en cours. Je sème à tout vent.
Plus que dix-neuf ou dix-huit jours avant le coup d'envoi de ma série d'oraux. Pour le CAPES d'anglais. Je dois avouer une certaine appréhension, qui ne fait que croître au fil des jours, au gré du temps mes nuits se peuplent d'examinateurs pointilleux, de rues toulousaines interminables où la salle d'examen se dérobe sans cesse à mon regard. Dans trois semaines, je serai débarassé. En attendant, j'ai commencé, un jour en avance sur mon calendrier, à compulser des ouvrages spécialisés censés m'aider dans ma quête. Jusqu'ici, je les trouve à peine plus clairs que le Bulletin Officiel ou les rapports de jury, eux-mêmes particulièrement boueux. Il ne semble être venu à l'esprit d'aucun de ces spécialistes de commencer leurs livres par "le concours comporte tant d'épreuves, dont voici le nom, la nature, et l'ordre de déroulement". J'en suis encore à devoir faire des va-et-vient entre plusieurs chapitres pour pouvoir enfin reconstituer l'enchaînement des épreuves. Un peu de clarté n'aurait pas nui à l'efficacité du propos. A mon avis.
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