Le Pont de la rivière
Jeudi quinze juin deux mille six. Onze heures quarante-huit. Vingt-et-un jours me séparent du coup d'envoi de mes oraux pour le CAPES. Je suis tout sauf au point. Grâce à mon gentil libraire, je possède à présent un livre détaillant les procédures à suivre. Je compte m'y mettre activement à partir de lundi prochain, il me restera un peu moins de trois semaines avant le coup de fusil. J'ai commencé à en rêver. Cette nuit, je devais passer devant le jury, mystérieusement présidé par mon prof de littérature chinoise, qui se ventait de pouvoir capter l'attention de touristes allemands fans de football au cœur d'une tempête. Je ne sais pas si je dois me sentir rassuré.
Réveillé ce matin, plus tard qu'hier grâce aux températures qui retombent. Je me suis mis à lire tous les jours quelques pages à voix haute de livres en anglais que j'ai sous la main. Histoire de m'entraîner pour l'oral. La prononciation, l'accent et la qualité de l'expression comptent à peu près pour un tiers de la note, à chacune des deux épreuves orales. Je ne l'aurai pas, mais si je fais le maximum, je dormirai plus tranquille. Si jamais je réussis, je devrai absolument avoir bouclé ma maîtrise en septembre, pour fournir un justificatif m'autorisant à demander un report d'un an dans la validation du stage. Histoire de tenter l'agrégation, et de pouvoir zoner à la fac une année supplémentaire. J'aimerais bien apprendre l'estonien.
Programme de la journée: pyjama party, tout seul chez moi. Lecture en pantoufle. Si je détiens le Contrôle Suprême au moment opportun, me mettre à bouquiner devant un match de foot. Je n'ai pas du tout suivi le déroulement de cette coupe, je m'en fous un peu, mais c'est sympa de voir bouger les bonshommes. Dans mon exploration méthodique du métal des années quatre-vingts disponible sur un site en ligne, j'en suis parvenu à la lettre "C". Le reste de l'alphabet n'a qu'à bien se tenir. En soirée, parties de cartes à Saint-Denis, ça fait un moment que je n'ai pas vu la Trinité, leur entourage, les habitants du cru qui avoisinent leur pavillon. Dans la journée, si l'envie m'en prend, ou si l'on me contacte, aller au cinéma.
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