Les femmes, c'est comme les vélos

Publié le par Paraph


    Dimanche quatre juin deux mille six. Midi quarante. Les femmes, c'est comme les vélos. C'est bien. C'est difficile à comprendre, il faut parfois bricoler pendant des heures, mettre les mains dans le cambouis, changer des chambres à air, démonter des roues, remonter des roues, ajuster des pneus, régler des chaînes, regonfler les pneus, revisser les roues, et après ça roule. Bon, mettons que ça soit surtout vrai des vélos. Pour les femmes, je ne dis pas.

    Comme le suggère ma très habile analogie du précédent paragraphe, j'ai réussi, semble-t-il, à réparer mon vélo. J'ai même réussi à le regonfler, c'est dire à quel point j'ai le vent en poupe. Et puis, ça ne m'a pris qu'une heure et demie, preuve que je commence à prendre le coup de main. Je n'ai pas encore bien saisi la technique pour le faire en moins de trois minutes comme mon garagiste, mais au moins, la bête semble en état de prendre la route. Je me réserve encore le droit de m'être planté. Je ne le saurai qu'après avoir effectué un certain nombre de trajets. Ma principale crainte, pour le moment, est d'avoir mal resserré la roue, ou qu'un défaut m'empêche d'effectuer les réglages nécessaires, et qu'en pleine course, la roue se bloque, que le dérailleur se grippe, bref, que je me retrouve au milieu de nulle part, un véhicule impotent sur les bras, à devoir tout démonter si j'ai les outils adéquats, ou demander l'aide des passants pour peu qu'il y en ait. Dans le doute, cette fois-ci, j'emporterai mes outils. Ca m'est déjà arrivé plusieurs fois, je sais à quoi m'en tenir.

    Hier, après un début d'après-midi passé en révisions, j'ai marché jusqu'à Paris, pour retrouver des amis, marcher avec eux, discuter, prendre le soleil. Sur la fin, mes jambes me tiraient. J'ai de toute évidence trop marché cette semaine. Pour le retour, j'ai d'ailleurs épuisé mon dernier ticket. Il était grand temps que mon vélo fût en état de me transporter à travers l'espace et le temps. Croisons les doigts. Après la marche, restaurant coréen, à m'en faire éclater la panse, avec d'autres amis, dans un coin paumé du quinzième. C'était bon, hein. J'ai même mangé un ou deux piments marinés dans la soupe de poulet. Un régal. A l'œil, puisque le grand seigneur régissant le tout a décidé qu'il était temps qu'il fît montre de sa munificence. Après le repas, j'ai commis l'erreur d'aller chez Edriwing pour une partie de cartes, qui s'est plutôt mal passée, les autres joueurs étant pour le moins indisciplinés. Comme je n'ai aucune autorité naturelle, je n'ai pas su les canaliser. Enfin, bon. Ca aurait pu être pire, j'aurais pu être prof d'anglais dans une zep. Hum.

    Plus que trente-trois jours avant ma prochaine échéance. Dans l'intervalle, je prends connaissance du déroulement de la cérémonie, des différentes variables à mettre en œuvre pour tenter de m'arracher à la gravité. Je doute d'y parvenir. Soyons francs, le premier tour a été un coup de bol pas vraiment prévu, le second tour sera un lent massacre. J'ai par ailleurs trouvé quelqu'un pour m'héberger le temps de mon séjour à Toulouse, l'amie d'une amie, à confirmer. Et puis, ça dépendra de ce que dira la convocation actuellement perdue dans le trafic postal. Affaire à suivre, stress à accumuler, plombs à péter en temps utile. Froideur des sueurs rampant le long du cou, descendant vers la prison des reins. Le serpent de bronze étend ses ailes.

    Programme de la journée: tester la monture, remise de ses blessures si j'en crois mon optimisme naturel et ma confiance en mes prouesses de technicien de l'impossible. Si le vélo accepte la charge à lui confiée, me rendre à Massy pour une partie de jeu de rôles. La suite de la campagne commencée depuis cinq ans. Nos vaillants guerriers parviendront-ils à sauver l'empire des ennemis qui le menacent de l'intérieur? J'ai comme un doute, mais je ferai de mon mieux. Oui, mieux mieux, mieux mieux. Hmm. Dans l'intervalle, manger des tomates garnies (j'ai oublié le nom du plat), boire du thé en pagaille. Je me lève naturellement tôt en ce moment, c'est plutôt bon signe.

    Programme de la semaine: j'ose à peine y penser. Sujet à remaniements en cours de déploiement. Toutes les journées, tous les soirs semblent pris. Passer des examens, un concours, faire la fête, lire, faire du vélo, manger avec des gens, aller au cinéma, plus une soirée DVD improvisée par ma nostalgie. Et une autre partie de jeu de rôles dimanche prochain, pour continuer dans le prolongement de mon bras. Rougi par le soleil, noirci par le cambouis, mon bras se fait un plaisir d'explorer une à une les couleurs de l'arc-en-ciel, ainsi que leurs amies. Le numéro complémentaire est le six.

 

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Publié dans schopenhauer

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