La mort dans l'âtre
Ma journée d'hier ne s'est pas tout à fait déroulée comme prévu. Je suis bel et bien parti à pied vers Paris, en suivant le nouvel itinéraire conconté par la Machine. Mais je me suis quelque peu égaré dans le treizième arrondissement, ratant la place d'Italie à un kilomètre. J'ai dû bifurquer pour rejoindre le pont d'Austerlitz avant de poursuivre ma route vers le nord. La séance de cinéma a été remplacée par un dîner chez Ramethep, suivi de visionnage de films. Après coup, Ramethep préfère écrire, seul, et je repars vers une heure du matin, douze kilomètres à pied à travers la banlieue. J'arrive exténué, les pieds endoloris. Je n'ai pas passé une très bonne journée.
Vendredi vingt-et-un avril deux mille six. Réveillé prématurément par mon père qui donnait des coups dans le mur avec le lit qu'il réparait. La tête dans les étoiles, ou plus bas. Beaucoup plus bas. Mes tendons me tirent. Je pense ne pas sortir aujourd'hui. Lectures. Finir "Les oiseaux de Bangkok", et j'ai ressorti mes vieux numéros de "Thor", la bande dessinée, que je relis avec plaisir. C'est bien, des livres avec des images, ça fatigue moins que des livres sans. Dans la soirée, ne pas déprimer. Ca devrait pouvoir se faire, le moral remonte presque en flèche. Fatigue nerveuse, mais les larmes viennent moins facilement, les éclats de rire intempestifs se font plus rares. La vie est belle, et je mange de la poussière. En attendant d'y retourner.
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