Propédeutique
Mercredi dix-neuf avril deux mille six. J'ai passé la nuit à jouer au pictionnary sur internet. Je me suis couché dans un état d'épuisement habituel. Ai passé la matinée à mal dormir, le jour, la musique des voisins et le reste de mon environnement ayant décidé que le jour servait à vivre, la nuit à dormir. Et ils ont raison. A peine levé, mon frère, de passage, a une fois de plus cherché à me faire culpabiliser par rapport à ma situation, ou plutôt ma non situation. La journée commence bien. Je commence à en avoir plein le dos des pressions sociales.
Je risque de passer la journée au cinéma, si je trouve l'énergie d'aller à pied jusqu'au lieu de tous les supplices. Toujours pas de quoi m'acheter un ticket de bus. Je pense que mes tendons doivent être à peu près remis de ma marche de l'autre nuit. Ca ne fait qu'une dizaine de kilomètres jusqu'au cinéma, l'occasion de lire la suite des aventures de Pepe Carvalho. Pour le moment, dans "Les oiseaux de Bangkok", rien ne se passe. Tout est dans l'habitude, le comportement alimentaire du personnage, les rencontres de passage. Je pense que si je ne fais rien, on me coupera le téléphone d'ici la fin du mois, puisque le prélèvement automatique va rebondir. Une fois de plus. Et je risque aussi de gros ennuis avec la banque, pour changer.
A part ça, tout va bien. Le printemps semble reprendre du poil de la bête, et comme je me contrefous du regard des autres et de mon avenir, je vis très bien l'instant présent. La société, quoi qu'on en dise, finira bien par m'avoir.
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