Palissades de guingois
Je rentre à l'instant d'un week-end passé à Vesoul, à l'occasion du mariage d'un couple d'amis. La famille du marié habite la région, ce qui explique un tel éloignement par rapport à leur lieu de résidence, en banlieue parisienne.
Samedi quinze avril deux mille six. Lever à six heures, rendez-vous à huit heures du côté de Stalingrad. Démarrage difficile, n'ai dormi que trois heures, mais j'arrive à l'heure. Départ vert huit heures quarante cinq. Arrivée vers treize heures. Entrecôte pas bonne dans un restaurant rouge et blanc, la pizzeria bonne du centre-ville fermant trop tôt. A seize heures, cérémonie à l'hôtel de ville d'un bled local. Séance de photos sous la pluie, vin d'honneur dans une crypte, banquet, interminable comme il se doit, dans la salle des fêtes.
Repas immodérément arrosé, disc-jokey insupportable comme tous ceux de son espèce, nourriture plus abondante qu'à l'accoutumée, intermèdes dansants inopinés entre les plats. Je me suis bien amusé. Vers cinq heures, rituel débile du pot-de-chambre, mélange d'alcool et d'immondices que doivent vider les mariés, les témoins et les amis. J'ai esquivé l'épreuve en prétextant un mal de ventre bien réel. Pas vomi. Retour à l'hôtel. Couché vers sept heures. J'ai essayé de faire un peu de russe en dormant, mais sans grand succès.
Dimanche seize avril deux mille six. Réveillé vers onze heures. Bien dormi, quoique par-terre, la chambre d'hôtel, accueillant quatre personnes, n'étant pourvue que de trois lits. Lever énergique. Pas vomi. La veille, j'avais bu un verre de champagne (alcool que je n'apprécie guère), un verre de (mauvais) whisky, quatre ou cinq verres de vin blanc, cinq ou six verres de vin rouge, et trop mangé. Toujours la veille, j'avais également dansé comme un zombie de deux à cinq. Ca fait passer le temps.
Quatorze heures, retour à la salle des fêtes pour un buffet froid, frugal mais délectable. Vers seize heures, départ dans une des dernières voitures retournant sur la région parisienne. Une heure plus tard, nous assistons à l'accident, heureusement bénin, d'un couple d'invités roulant juste derrière nous. Assoupissement au volant, sortie de route, collision tête-fenêtre pour le passager, fin de parcours au bas d'un talus, contenu du coffre éjecté dans les champs, état de choc, arrivée des pompiers, évacuation, passage aux urgences, radiographie des vertèbres de la mère pendant que le père appelle son assurance et que l'entourage bienveillant surveille l'enfant de deux ans qui assiste à la scène. Le tout se passait à Langres, charmante petite ville fortifiée de Haute-Marne, aux paysages somptueux, aux habitants sympathiques, au chocolat chocolaté. Deux heures plus tard, sortie de l'hôpital, retour vers Paris, dîner dans un restaurant autoroutier, arrivée vers une heure du matin.
Programme de la soirée: dormir. En cas d'insomnie, mais j'en doute, régler son compte au Dan Brown inconsidérément entamé la semaine dernière, roman poussif d'un plumitif de troisième zone. Programme de demain: dormir, réitérer les assauts du lectorat contre la mauvaise littérature, aller au cinéma si les symptômes de rejet persistent. Et faire du russe, si mon cerveau accepte de voir en les caractères cyrilliques autre chose que des messages venus d'Ailleurs.
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