La Rose des vents
Samedi vingt-et-un avril deux mille sept. Vingt-et-une heures cinquante-sept. Mon sentiment dominant est la fatigue. Pas la lassitude, ni même une fatigue mentale, juste une bonne grosse fatigue physique, conséquence d'une semaine de concours, à peu dormir et beaucoup marcher.
Hier, quatrième et dernière épreuve écrite de l'agrégation externe d'anglais, traduction. Thème et version. Je m'en suis sans doute mieux tiré que de toutes les autres épreuves. Au bout d'une heure et demie, j'avais terminé mes deux traductions, relu ma copie et collé ma petite étiquette. Comme l'an dernier. J'ai ensuite attendu une heure en comatant sur ma chaise, qu'on m'autorise à sortir. Deux heures et demie minimum.
La page de l'agrégation est donc bel et bien tournée. Aucune chance que je sois admissible aux oraux. C'est un soulagement, je peux me consacrer à des choses plus intéressantes, ou plus pressantes. Ultime tentative pour rédiger et soutenir mon mémoire de maîtrise. Si je n'y parviens pas, tant pis. De toute façon, j'arrête les études à la rentrée. Réviser mon estonien pour passer les examens dans trois semaines. Profiter de mes derniers mois de liberté, pour lire tant et plus.
Repas en famille. Rien de bien palpitant. Du gratin de choux-fleurs. Partie de boggle chez ma tante, qui a essayé de me refourguer ses palmes en double. Pas de ça avec moi. Je ne fais que du vélo et de la marche à pied. Sans doute un peu trop, en ce moment. Il faudrait que je freine ma frénésie de randonnées urbaines, si je ne veux pas finir avec un lumbago. Et regonfler mon vélo avant l'été.
J'ai passé une partie de la journée d'hier, et la matinée d'aujourd'hui, à lire "The green mile", de Stephen King, un romancier que j'ai peu lu. "La ligne verte" se lit comme une bande dessinée. Le format initial de parution, en feuilleton, est visible dans le rythme du récit. J'ai terminé ça tout à l'heure.
Aujourd'hui, partie de scrabble avec ma mère, qui m'a battu de trois points, puis virée sur Paris, le temps d'une bière et d'un bobun avec Tonga. Il semble avoir repris du poil de la bête, la fin de l'année scolaire lui fait du bien, et la vie de couple aussi. Rentré à pied, une dizaine de kilomètres à travers Paris et sa banlieue. Dîner en famille. Je prends du bide.
Programme de la soirée: m'étendre et dormir. Lire un peu, avant, si mes paupières m'en laissent le temps. Au menu, les derniers chapitres des "Vingt ans du jeune homme vert", de Michel Déon, prêté à ma tante pendant les vacances. Si je tiens bon, au choix, "The last hero", de Terry Pratchett, roman de fantasy humoristique avec des dessins, ou "L'homme qui souriait", de Henning Mankell, un roman policier suédois. Je me vois bien sombrer avant minuit.
Programme de demain: si je m'éveille autour de l'aube, comme ce matin, faire le deuil de ma grasse matinée manquée et lire en attendant la faim. Passer au bureau de vote pour la grande braderie de la république. Je donne Pompidou gagnant. Après un déjeuner en famille, éventuellement précédé d'un scrabble, mais je n'y crois guère, partie d'Earthdawn à Massy. Jeu de rôles fantastique vaguement antique, exploration et découverte, nouvelle campagne entamée récemment, qui s'achèvera sans doute en deux mille douze.
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