La Pelle et la Blette
Samedi quatorze avril deux mille sept. Vingt-trois heures six. Retour de vacances. Une semaine au vert, en famille mais sans ma sœur, sur un modèle assez fonctionnel. Le matin, réveil vers sept heures, parfois plus tôt mais rarement avant six heures. Lecture au lit. Peu de temps après, petit-déjeuner sur le pouce, puis promenade avec mon père, une à quatre heures de marche dans les monts du Lyonnais. Mon père, qui n'a pas tout à fait soixante ans, est en forme ces temps-ci. Il crapahute. Je le suis d'un pas distrait, le mollet vaillant. Pas assez dormi.
En fin de matinée, retour au gîte. Le reste de la famille se lève, déjeune, parle. Partie de scrabble avec ma mère, ou lecture-sieste. Vers midi, repas commensal, puis partie de scrabble, ou lecture-sieste. En fin d'après-midi, diverses activités familiales. Mon frère nous a rejoints le lundi. L'ordinaire culinaire s'en est trouvé amélioré. J'ai tant bien que mal conservé ma bonne humeur. Pas beaucoup dormi, un peu susceptible, mais j'espère que ça ne s'est pas trop vu.
Dans l'après-midi, excursions avec ou sans moi, puis partie de scrabble, dîner, parties de cartes, une tasse de thé (la troisième ou quatrième de la journée), un peu de lecture au lit et un sommeil court, mais réparateur (endormi en moyenne vers une heure et demie, jamais au-delà de trois heures du matin). Et rebelote le lendemain. Tout ça pendant sept jours. En milieu de semaine, petite excursion sur Lyon pour un repas avec mon frère. Tarte aux brocolis, miam.
L'objectif avoué de cette semaine à la campagne, préparer efficacement mon concours de la semaine prochaine, a été partiellement rempli. Les deux derniers jours, j'ai fini par sortir le nécessaire, j'ai mis le pied à l'étrier et tous mes œufs dans le même panier. J'ai actuellement bouclé la moitié de mes préparatifs. Le coup d'envoi sera donné mardi, j'espère achever la seconde séquence d'ici là, sinon tant pis. Je ne suis efficace que quatre ou cinq heures par jour, autant bosser moins.
Comme j'avais du temps à tuer, j'ai lu. Après avoir (presque) bouclé "Les vingt ans du jeune homme vert", prêté à ma tante pour qu'elle ne s'ennuie pas au ski, j'ai dévoré "2010: Odyssey two", d'Arthur C. Clarke, qui fait bien évidemment suite à "2001: a space odyssey", lu il y a quelques mois; apprécié le quatrième tome de "La saga des migrants", de l'écrivain suédois Vilhelm Moberg, et entamé "Creation", de Gore Vidal, un peu laissé de côté le temps des révisions.
A part ça, le moral est bon, je gère assez bien mon appréhension face à la corruptibilité de ma chair. Je n'en suis pas encore à sentir mes forces décliner, donc j'ai encore une certaine marge de manœuvre pour ignorer l'inévitable, le temps d'une jeunesse certes écornée, mais pas encore close. L'implosion de septembre prochain m'aide à segmenter mes repères mentaux, il y a un avant, et il y aura un après, avec ce qu'il comprendra de responsabilités, de liberté et d'incertitude. Encore cent quarante-neuf jours, si je compte bien. De quoi voir venir.
Financièrement parlant, une semaine passée loin de Paris m'a fait le plus grand bien. Je n'en suis pas encore à pouvoir prendre le métro tous les jours, d'autant plus que je profite de la belle saison pour marcher jusqu'à la capitale plutôt que de m'entasser dans une rame bruyante et malodorante, mais si je ne dépense rien d'ici la fin du mois, j'éviterai peut-être de dépasser mon découvert maximal autorisé. Ca n'est pas finir le mois en positif, mais c'est un pas vers la tranquillité. Mot d'ordre à ne pas oublier: si un livre m'intéresse, ne pas l'acheter tant que j'en ai sous la main (en théorie, j'ai de quoi tenir trois à quatre ans, à raison d'un livre tous les deux jours, sans avoir besoin d'acquérir de nouveaux volumes). Ca ne marche pas à tous les coups, mais je parviens à éviter quatre-vingts pour cent des achats.
En rentrant sur Paris, ou plutôt sur la banlieue où je réside, j'ai constaté, avec un plaisir mitigé par la gêne que me procure la chaleur, que les radiations solaires étaient de retour. Après avoir apprécié un ensoleillement tiédasse en basse montagne, je retrouve avec déplaisir, et résignation, la saison chaude. Vivement l'hiver. Plus que six mois à tenir avant l'automne.
Programme de la soirée: m'aller coucher tôt, lire un peu, puis sombrer dans un sommeil trop court. Demain matin, me réveiller, bêtement, vers sept heures, sans avoir récupéré tout à fait du voyage. Lire au lit, faire une promenade avec mon père pour peu que nos agendas concordent, déjeuner en bouquinant, sortir mon vélo et filer jusqu'à Massy pour la suite de notre campagne de Star Wars. Si jamais la partie a été annulée pendant mes vacances, prolonger ma ballade. Ne pas trop réviser, tout remettre à lundi, pour tout bâcler dans un ultime soubresaut.
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