Dans l'Arbre du Potier

Publié le par Paraph


    Mardi vingt mars deux mille sept. Une heure dix-neuf du matin. Fatigué, encore un peu malade -- mais ça s'arrange -- à moitié sourd, sale -- mais trop tard pour prendre une douche, les voisins n'aiment pas ça. Le moral est bon, je m'estime satisfait de ma situation. Il fait froid. Mon angine semble en bonne voie de guérison. Ahem. Hem. Dès que mon extinction de voix sera passée.

    Hier, commençant la semaine en beauté, j'ai dormi. Nous étions lundi dix-neuf mars, j'ai dormi tard, jusque vers midi. Un déjeuner flou dont j'ai tout oublié. Une après-midi molle, vite interrompue par une expédition dans le Grand Nord. Une heure et demie de train, une heure et demie d'attente à la fac, papotages au coin du radiateur, rancœur, petits gâteaux. La fac a été décorée de fleurs en crépon, le printemps ne se sentira pas seul quand il arrivera.

    Cours d'estonien, trois heures dont une passée à regarder des extraits de films. Le cinéma estonien n'est pas le plus marquant du monde, mais il a sans doute ses spécificités. J'ai profité de la circonstance pour emprunter le disque digital versatile (anglicisme, lire "polyvalent") de "La dernière relique", sorte d'Ivanohé estonien, produit à la fin des années soixante par la fine fleur du cinéma local. J'en dirai davantage après visionnage.

    Nous avons acquis des connaissances quasi-exhaustives sur les nombres estoniens, tant ordinaux que cardinaux, qui se déclinent, comme il se doit, aux quatorze cas de la langue estonienne. En cerise sur les gâteaux, je sais lire les fractions. Joie. Je peux même dire en quelle année je suis né. Mina on ühe tuhande üheksasaja seitsmekümne seitsmes aastal. Ou quelque chose d'équivalent. Mince, c'était pourtant si limpide hier soir.

    Ce matin, j'ai suivi un scénario équivalent. Dormi tard, une dizaine d'heures. Pas tout à fait suffisant, mais agréable. Resté au bercail. Déjeuner en famille. Partie de scrabble avec ma mère, j'ai gagné avec cent quarante points d'avance. J'ai rejoint Tormentor dans le réseau express régional, direction l'Elysée Montmartre pour un concert enfumé. Celtic Frost, fleuron du trash expérimental suisse des années quatre-vingts. Performance inégale, quelques bons moments. Maudits fumeurs. Après deux chansons du groupe en tête d'affiche -- Kreator, joyau du trash allemand des années octante -- nous avons pris le chemin de la sortie.

    Programme de la soirée: récupérer un peu de ma capacité auditive, mise à rude épreuve par la sono du concert. Cinq ou six ans s'étaient écoulés depuis mon dernier concert de métal. Sans doute pas assez. Je me suis amusé, pendant une bonne moitié de concert, mais la foule pressante, les faciès hirsutes et l'omniprésente cigarette m'ont partiellement gâché la fête. Misanthropons, mes amis. Lire. Je suis sur "The iron hand of Mars", roman policier sous la Rome antique, dû à Lindsey Davis -- du tout bon.

    Programme de demain: me lever vers sept heures. Première épreuve du CAPES de chinois, commentaire en langue étrangère. Soyons bien d'accord, j'y vais pour la beauté du geste, je n'ai AUCUNE chance. Et pas moyen de mettre la main sur un dictionnaire unilingue, seul autorisé pour cette épreuve, qui m'aurait pourtant permis de m'occuper pendant les deux heures et demie de délai minimum avant une possible sortie. Ma curiosité quant au déroulement des hostilités sera-t-elle satisfaite dans une poignée d'heures, ou bien échouerai-je dans ma tentative d'éveil matinal? Quel suspense. Suite au prochain numéro. Nägemist.

 

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Publié dans schopenhauer

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