Rhododendron sous l'escalier

Publié le par Paraph


    Mardi trente janvier deux mille sept. Une heure trente-cinq du matin. Deux cent treize jours avant implosion. Et hop, voilà le nouveau compte à rebours lancé. Ca me fera les pieds. Dans mon quotidien immédiat, à noter que ma partie de jeu de rôles de dimanche n'a pas eu lieu, je me suis fait porter pâle. Mais ça va tout de même. J'hésite entre sortir de ma tanière, y rester blotti pour éviter de dépenser cet argent que je n'ai pas, et puis tant qu'à faire, autant passer du temps à lire mes stocks accumulés au fil des ans, et ne pas savoir où j'en suis; pour le moment, l'indécision prime.

    Hier, le Sultan et moi-même avons fêté les vingt-six ans d'une amie. Bonne soirée. Bus de nuit, marché. Mes nouvelles chaussures ne me font plus mal, je reprends lentement l'habitude de marcher. En février, je prends le parti de ne pas m'acheter de carte orange, trop chère pour ma bourse. Tant pis, je marcherai.

    Ce soir, partie de tarot chez mon frère, toujours enclin à me mettre la pression pour mon entrée programmée dans le monde des esclaves. J'y consens volontiers, mais pas tout de suite. Et je prends le risque de me retrouver en province sans permis, sans voiture, muni de mes seuls mollets, bus éventuels et vélo fidèle si le relief et l'éloignement le permettent. On verra tout ça en août, sous les fortes chaleurs prévues à cet effet.

    Ces derniers jours, les lectures ont suivi leur cours. J'ai assené un coup de grâce au "Sang noir", apprécié mais un peu long sur la fin. Et maudits soient les quatrièmes de couverture, qui disent la fin du bouquin avant qu'on l'ait lu; je ne lis jamais les quat' de couv', mais parfois, par inadvertance, ils me tombent sous les yeux, et je les maudis.

    "The final reflection", de John M. Ford, lu entre hier et aujourd'hui, m'a donné une fois de plus envie de me procurer et de lire tout  ce qu'a pu écrire cet auteur. Il me reste un roman dans un coin, et peut-être un recueil de nouvelles, à moins que ça ne soit celui dû à Tim Powers, autre auteur que je savoure à petit feu, mais que j'ai intégralement lu, ou peu s'en faut.

    Et depuis ce soir, lecture ingrate, pas forcément appelée à s'achever sur la dernière page, "Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations", dû à Raoul Vaneihem, médiéviste belge afficionado d'Isidore Ducasse (ça le dit dans sa biographie), et ça se voit. Un peu trouble dans l'expression, je suis d'accord pour être d'accord que le monde va mal, et j'aime bien son écriture poétique, mais marcher dans les ténèbres sans plus d'éclairage qu'un lampiste, non merci. Hmm. Lui laisser sa chance tout de même, à moins que je ne décide de liquéfier mon cerveau en lisant du David Lodge.

    Programme de la soirée: lire au petit bonheur, le père Raoul si j'y parviens, mais sa poésie existentialiste me pèse un peu, j'éprouve le besoin de m'aérer les neurones en les confrontant à quelque chose de plus léger, moins dogmatique et moins fumeux. Un roman contemporain, par exemple. Demain, mettre le nez dehors, me laisser guider jusqu'à la fac, consentir à remettre les pieds en cours d'indonésien, boire du thé, voir des gens, en finir avec mon ancienne vie, mais pas tout de suite.

 
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Publié dans schopenhauer

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C
Raoul, mon bon Raoul !Intéresse-toi plus au style, aux formules lapidaires et au côté "vitaliste" de cet auteur, il y a de la sève là dedans.
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