Le tourbillon de l'oubli
Mercredi vingt-neuf novembre deux mille six. Une heure quarante-huit du matin. Ma fièvre va mieux. Je suis sorti dans le froid, j'ai marché au cœur du brouillard, ça m'a fait du bien. Si je dormais douze heures, ça irait mieux, mais je ne peux pas. Je dois me lever dans dix heures.
Après avoir zoné tout l'après-midi, j'ai fini par regarder le début de "Kika", un film d'Almodovar. J'en ai vu les vingt-deux premières minutes, avant de devoir céder le terrain de visionnage à des créatures surgies d'outre-espace. J'ai donc opté pour le cinématographe, prodigieux loisir à portée de train.
A l'affiche en ce mercredi soir, jour de sorties: "Flushed away" (ridiculement intitulé "Souris city" dans la version française, que je n'ai heureusement pas eu à subir, d'où l'intérêt d'aller au cinéma en soirée), dessin animé des studios Aardmann (quelle qu'en soit la véritable orthographe), les auteurs de "Wallace & Gromit", une très bonne détente, une excellente trouvaille comique et lyrique (les limaces), beaucoup d'ingéniosité, je ne me suis pas ennuyé un seul instant; "Prête-moi ta main", comédie romantique convenue mais bien interprétée.
Programme de la soirée: lire le troisième volume de "Rising powers", qui doit conclure la trame narrative principale. Si le sommeil n'arrive pas tout de suite, continuer "Une page d'amour", que j'ai bien avancé dans le métro et pendant les réclames en début de séances. Le premier rôle masculin vient de déclarer sa flamme au premier rôle féminin, qui le lui rend bien mais n'ose pas céder à ses sentiments. Ils ont moins de trois cents pages pour gâcher leurs vies. Dans la foulée, penser au prochain roman que je lirai.
Programme de demain: dormir tard, me faire violence pour me lever avant treize heures. L'après-midi, dernière demi-journée de travail. Penser à envoyer mes papiers pour l'inscription aux concours, aussi improbable soit-elle; quitte à avoir commencé la procédure, autant la mener à son terme, on ne sait jamais. Le soir, séance de cinéma, avec peut-être une soupe vietnamienne si j'ai encore un peu d'argent sur mon compte. Avec mes doigts qui brûlent, j'ai réussi à claquer toute ma paie d'octobre, que je comptais mettre de côté pour les moments difficiles. On ne se refait pas, je suppose.
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