Encéphalogramme platonicien

Publié le par Paraph


    Samedi vingt-huit octobre deux mille six. Une heure trente-sept du matin. Trois jours passés dans la tempête ontologique. Il faisait beau jusqu'alors, il a fait beau pendant. Haute est la tour d'Argole, mais sans encombre, le voyageur égaré dans la nuit de l'Histoire ne parviendra pas à regagner l'origine de son arbre. Comprenne qui pourra.

    Avant-hier, jeudi vingt-six octobre deux mille six. Ayant posé une demi-journée de congé, je me suis rendu en cours. Du moins ai-je essayé: après avoir raté mon réveil d'une heure et demie, j'arrive en catastrophe en cours de qazaq, au bout de quarante minutes. Immersion express dans la grammaire. Ecriture cyrillique, langue proche du turc et du mongol, que j'ai tous deux étudiés autrefois. Je m'en sors à peu près. Une heure de cours sur la littérature orale centre-asiatique, passionnant mais dense avec les loups. Retour en qazaq, pour deux heures d'exercices pratiques. J'en repars lessivé.

    Une heure de train pour rejoindre mon lieu de travail. Parti précipitamment, j'ai oublié mon repas froid dans le frigo. J'arrive dix minutes en retard au boulot, pas le temps de passer au restaurant administratif manger une bricole. Vivent les barres chocolatées. Après-midi de travail, puis retour à la fac, encore une heure de train. Deux heures de lituanien, trois heures de letton. Je sors de cours à vingt-deux heures, et la soirée commence.

    Passage à Montparnasse, pour prendre le thé chez un couple d'anciens étudiants de la fac. Le thé se convertit en plan kebab à Saint-Michel. Euh. A moins que je n'aie déjà raconté ça. Oui. En fait, j'avais rendez-vous directement à Saint-Michel, pour boire une bière, avec Tonga et la Souris. Vacances scolaires obligent, Tonga semblait décontracté. Loin de sa classe de troisième. Loin de la Lorraine où l'esclavage national l'a exilé pour un an. Pinte de guinness, puis plan kebab pour arroser le tout. Mauvais sandwich dans une gargotte à touristes du quartier latin. Les frites me sont restées toute la nuit sur l'estomac. Retour avec le dernier métro.

    Hier, vendredi vingt-sept octobre deux mille six. Levé tant bien que mal, plus vif que mort, mais pas de beaucoup. Journée de labeur intense, l'échéance des inscriptions arrivant, beaucoup d'étudiants choisissent le dernier moment pour s'en soucier. En plus, week-end oblige, beaucoup de mes collègues étaient en congé, et nous avons travaillé en sous-effectifs. Le soir, histoire de l'Estonie, puis deux heures d'estonien. Une étudiante grecque nous rejoint, pour son premier cours. Révision des bases. Le soir, second round de mon anniversaire, avec d'autres gens.

    Petit comité chez le Chat, bières, crêpes, chips, blagues grasses, jeux de société et agréable compagnie. On m'a offert une bande dessinée fantastique inspirée du Japon post-médiéval. Lu ça ce matin, c'était pas mal. Assez original. Fin de la soirée vers trois heures du matin. Sommeil sur place.

    Ce matin, grasse matinée dans la maison du crime. Lecture au lit, petit-déjeuner tardif. Après avoir longtemps hésité à me rendre au cinéma, j'opte pour une ballade à vélo. Ramethep dort, impossible de passer prendre le thé chez lui. Vertige me rappelle dans le train, nous nous interceptons à Saint-Lazare, je décide de l'accompagner chez lui, il doit me prêter un roman chinois en chinois, que j'ai prévu de lire pour me dérouiller un peu. En route, changement de programme, nous allons finalement au cinéma. Une heure à poireauter avant la séance, dégustation de nems chez un traiteur asiatique des environs.

    Sur les conseils de Vertige, nous allons voir "Azur et Asmar", un conte polychrome de Vincent Ocelot (je crois), à mi-chemin entre la France et la Tunisie, où deux jeunes hommes, amis d'enfance mais séparés par la fatalité, luttent et s'entraident pour délivrer une fée. Très agréable surprise, rythme inhabituel, animation fluide, décors grandioses, fin clichesque, couleurs magnifiques. Je n'avais pas vu les "Kirikou", j'ai découvert une vision originale.

    Dîner, que j'avais oublié en l'attente d'une éventuelle confirmation, mais auquel je me suis finalement rendu un peu par hasard. Repas anniversaire, pot de départ pour la Déesse Mère, qui part en Inde dans trois jours. Conversations à bâtons rompus, bu du vin dans une tasse. Retour par le dernier métro.

    Programme de la soirée: me coucher tôt. Enfin, presque tôt, il est déjà deux heures du matin. Finir "Notre-Dame de Paris", il me reste cent pages. Demain matin, grasse matinée. L'après-midi, promenade à vélo pour rejoindre Massy, où je dois maîtriser une partie de jeu de rôles. Penser à trouver un scénario dans l'intervalle. Boire du thé, ne pas parvenir à dormir. Recommencer, encore et encore, la même semaine. La routine a un nouveau visage, la nouvelle année a définitivement démarré. Penser à réviser mon estonien d'ici lundi.

 

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Publié dans schopenhauer

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J
un véritable bohème :)tu fais quoi comme taffe?
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S
Tiens ! Je l'avais également désignée par cette périphrase de "Déesse Mère" dans un e-mail, il y a quelques mois... C'est bien, ça, les communions.
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