Miroir d'ambre
Jeudi vingt-et-un septembre deux mille six. Dix heures quarante-quatre. Fin de mois difficile, financièrement parlant. Plus de tickets de métro, plus d'argent pour en acheter; je tente donc de restreindre mes déplacements sur la capitale, puisque je dois les faire à pied. Plus qu'une petite dizaine de jours avant le mois d'octobre, la reprise des cours et l'emploi saisonnier. Tenir bon, durer.
Hier, trouvant prétexte d'une généreuse invitation de Vertige à me restaurer en sa compagnie, pour sortir de mon trou, je l'ai rejoint sur Paris (petite marche d'une heure à travers la banlieue) pour un restaurant indien. J'ai pris la combinaison de plats habituelle, plus une bière indienne, la Kingfisher, qui se trouve être, comme c'est amusant, justement, la bière bue par un des personnages dans le livre que je suis en train de lire. Après le restaurant, petite marche dans le dixième arrondissement, passage chez Ramethep, consommation de thé, et visionnage de "Ravenous" ("Vorace"), un film amusant sur des gens qui tentent de vivre en société. Sur le coup des trois heures du matin, retour à pied jusqu'au quartier latin, puis bus de nuit jusqu'au domicile parental. Couché vers cinq heures seize.
"A son of the circus" est un roman très agréable à lire, plein d'inventivité et de rebondissements débiles. J'y prends un plaisir certain, à vrai dire, j'ai du mal à décrocher pour faire autre chose, comme interagir avec mes contemporains, m'alimenter, rire, dormir. Au train où vont les choses, je l'aurai terminé d'ici un ou deux jours (c'est tout de même un roman d'une taille respectable, ma version en poche doit faire dans les huit cent trente pages). Je ne sais pas quelle sera la prochaine victime sur l'autel de mon désœuvrement. Peut-être "Tideland", de je ne sais plus qui, le roman ayant inspiré le dernier Gilliam, qui est superbe.
Programme de la journée: m'alimenter modestement (pour éviter d'encourager le désordre intestinal de la nuit dernière, le coquin), prendre mes chaussures et mon livre pour arpenter les rues de la banlieue, puis de Paris. J'ai rendez-vous avec des gens, sans doute pour aller au cinéma, mais ça reste à définir. Dans la soirée, si j'ai le temps, aller au cinéma, avec ou sans d'autres gens. Dans la soirée, lire. Dormir tôt, a priori, la nuit qui s'achève ayant été plutôt courte et peu réparatrice. Dans les jours à venir, m'atteler sérieusement à mon mémoire, relire les sources, etc. On verra bien si j'arrive à m'y tenir. Le temps presse. Autant profiter de mon immobilisme financier pour ne pas aller voir ailleurs si j'y suis.
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