Pattes d'oie
Mardi huit août deux mille six. Midi vingt-huit. Aujourd'hui, j'ai décidé de faire une pause dans ma glande estivale. Je me repose, ça me changera. Si je m'ennuie trop à ne rien faire, je pourrai toujours m'attaquer à la montagne que je dois franchir. Le mémoire que je suis censé avoir fini de rédiger d'ici la semaine prochaine. J'avais un compte à rebours en route, mais je ne sais plus trop où je l'ai laissé. Ca n'est pas bien important. Disons qu'il me reste huit jours avant de partir en vacances.
Hier, que dire d'hier? Pas grand chose, au fond. J'ai fait à peu près les mêmes choses que tous les autres jours de l'été. En soirée, je suis passé chez Kaliayev, où nous nous sommes plaisamment entretués au moyen d'une console de jeux. Un truc avec des flingues, des tunnels et des tableaux récapitulant qui a tué qui, et combien de fois. Ce genre de jeux me fait toujours bien marrer, j'y prends un plaisir de gamin, et je peux y jouer des heures, je serai toujours aussi mauvais. Avec l'arrivée de renforts, nous avons opté pour un jeu de plateau simulant la construction de lignes de chemins de fer dans l'est américain. J'ai perdu, ayant comme souvent mal saisi toutes les implications de mes choix contestables.
Nous nous sommes gavés de pizzas, et je n'ai pas réussi à rester dormir sur place. J'avais bu beaucoup de bières, aussi; enfin, pas tout à fait de la bière, de la pils alsacienne ou allemande, de la flotte, quoi. Au bout d'une douzaine, j'avais effectivement trop bu, mal au bide, et la pizza a fait gonfler le tout. J'ai pu attraper le dernier train, regagner péniblement mon domicile, boire deux litres d'eau et me coucher.
Ce matin, j'ai comme souvent ces temps-ci, paressé sous les draps. Le soleil n'est pas encore redevenu trop chaud pour dormir passé neuf heures. J'ai un peu peur de mes vacances la semaine prochaine, mais j'ai réussi à les réduire à cinq jours, juste assez pour regretter qu'elles ne soient pas plus longues. Et ma situation financière est catastrophique, mais ça n'est pas nouveau.
Programme de la journée: bouarf. J'ai terminé ce matin "The shadow of the torturer" de Gene Wolfe, et je vais sans doute attendre un peu avant d'entamer la suite, "The claw of the conciliator". Je vais vraisemblablement m'attaquer au bouquin que je viens de recevoir par la poste. Je ne sais plus trop duquel il s'agit. J'ai une fâcheuse tendance à commander des livres sur internet, puis à oublier que je les ai commandés. Et quelques semaines plus tard, je reçois des surprises. Et des avertissements de ma banque. Je ne sais pas comment je vais survivre au mois d'août. Enfin, bon. On se dit ça tous les mois.
Après une après-midi de glande, je me rendrai peut-être sur Paris, pour une fête chez une amie. Des inconnus, y compris des Pakistanais qui s'obstineront à ce que je leur parle en ourdou, le tout dans un espace étroit, enfumé, dont il faudra que je parte avec le dernier métro, n'ayant pas de point de chute dans les environs. Ou alors, repartir à trois heures, prendre un bus de nuit et zapper la matinée de demain. Ou alors, ne pas y aller, mais ça ferait de la peine à l'organisatrice. En tout cas, rester sobre. J'attendrai sans doute au moins un jour ou deux avant de me remettre à boire.
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