Le septième sceau
Jeudi vingt-deux juin deux mille six. Onze heures quarante-sept. Je n'aime pas l'été. Heureusement qu'il est rentré chez lui, sinon il aurait souffert. Je suis moins commode qu'un empereur romain. Nuit de longueur moyenne, rêves confus, intéressants mais oubliés, comme la splendeur de Carthage. Faim, mais la flemme de descendre ouvrir le frigo. Je mangerai demain.
J'essaie de m'intéresser au phénomène du diarisme en ligne, mais ça ne passe pas. Dès que je commence à lire quelques pages d'affilée le journal de quelqu'un, ou pire encore, ses entrées régulières, décousues ou si bien rapiécées qu'elles soient, eh bien, la colle ne prend pas, je me lasse, je m'ennuie, je repars discrètement dans la direction opposée. Et je me dis que, justement, ça doit faire exactement la même chose aux éventuels lecteurs de passage qui se prendraient les pieds dans leur souris et échoueraient ici. Il n'y a rien d'intéressant. C'est ma vie. J'y trouve mon compte, mais je comprends qu'on y reste sur sa faim.
Ce matin, je porte un pantalon blanc. C'est celui de mon frère. Et je m'aperçois que la semelle de mes pantoufles se fend de plus en plus. Que dire d'autre? J'ai mangé une madeleine, qui n'a pas assouvi ma faim. J'hésite à en reprendre. Je semble être dans un état d'esprit propice à la contemplation distraite d'un match de football, mais j'ai la flemme de descendre allumer la télé. Et puis, les matches ne commencent que dans quatre heures. Paraît-il. Dans l'intervalle, je prends des nouvelles d'un ami que son dos immobilise. Il est rentré de Chine en ambulance, et se retrouve bloqué en Normandie. J'ai déjà passé deux ou trois jours au lit, le dos bloqué, et je compatis. Pauvre Juliette.
Entre autres nouvelles, le Sultan va bien. Comme sa tentative d'emploi professoral au Pakistan traînait en longueur, il a fini par aller broûter l'herbe plus verte des voisins indiens, lesquels, c'est bien connu, savent prendre soin de leurs ruminants. Contrat signé, semaine de vacances, moral au beau fixe, le voici catapulté professeur de natation. Et, accessoirement, de français. Tisri Dunya Zindabad.
Programme de la journée: bof. Pas très motivé. Lectures, comatage devant des DVDs. Ne pas acheter de livres en ligne, je n'en ai pas les moyens. Ce soir, parties de cartes ou assimilé chez la Trinité. J'y resterai sans doute dormir la nuit. J'aime bien me réveiller dans un lit qui n'est pas le mien, j'y dors en général assez mal. La souffrance légère, c'est le sel du quotidien. Il faut bien le saler, à défaut d'épices.
Publicité