Symphonie pastorale
Dimanche onze juin deux mille six. Dix heures quarante-quatre. Cette nuit (licence poétique, c'était en fait avant-hier), j'ai rêvé que je parcourais les allées d'une bibliothèque à la recherche des œuvres complètes en Pléiade de Malraux, mais que le président du BDE de ma fac me mettait des bâtons dans les roues. Je me suis réveillé sans l'ouvrage. Il faut absolument que j'aille l'emprunter dans le monde réel.
Ce matin, malgré la chaleur, j'ai pu dormir jusqu'à neuf heures. Il ne fait pas encore si chaud que je ne puisse dormir habillé, avec drap, couverture, fenêtre à l'espagnolette. Au cœur du brasier, il me faudra sans doute me dévêtir jusqu'à la nudité, ouvrir en grand toutes les fenêtres de l'étage pour créer un courant d'air, et suer sang et eau en espérant trouver le sommeil. Mais nous n'y sommes pas encore. Les trois ou quatre mois que durera l'été nous tendent les bras.
Programme de la journée: profiter de la fraîcheur toute relative de cette fin de matinée étouffante pour achever la lecture de "Snow crash". Déjeuner en famille. Enchaîner avec une partie de jeu de rôles, que j'espère moins dirigiste que la précédente. Boire beaucoup de thé pour éviter de dormir la nuit prochaine. Et tuer le début de mal de gorge qui m'accompagnait au réveil. Trouver des solutions durables pour faire flotter mes finances. Ne pas boire de bière. Remplir ma déclaration de revenus. Oublier que nous sommes plongés vingt ans dans le futur, pour me concentrer sur le présent, ou ce qui en tient lieu.
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