Descente du soufflé
Mardi trente mai deux mille six. Neuf heures quarante-huit. Dormi une dizaine d'heures. Fatigué. Mon processus de recalage dans le sens de rotation agréé par les plus hautes autorités terrestres est en bonne voie. Peut-être un peu malade de l'averse prise en chemisette hier, mais ça ne se voit pas trop. Mal aux pieds. Raison de plus pour remettre ça dès ce matin, parcourir mes dix bornes à travers la banlieue. Programme de la journée: marcher, mâcher, rendre des livres, croiser un exilé de retour au bercail, à son grand dam, tuer le temps, jouer, rentrer. Pas grand chose de nouveau.
L'autre nuit, j'ai rêvé qu'un ingénieur militaire, mystérieusement détaché par l'armée française dans ma fac pour apprendre le chinois, recevait le prix Nobel de physique. Je ne sais pas trop ce qu'il serait susceptible d'en faire, pas plus dans la vraie vie, celle du rêve, que dans cet ersatz où les choses sont ternes et figées, la réalité consensuelle où les êtres sont lourds, les corps mous, les esprits pluriels. Si je trouve le temps, acheter du shampooing, remplir ma déclaration de revenus, apprendre le turc et le coréen.
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