Descente du soufflé

Publié le par Paraph


    Mardi trente mai deux mille six. Neuf heures quarante-huit. Dormi une dizaine d'heures. Fatigué. Mon processus de recalage dans le sens de rotation agréé par les plus hautes autorités terrestres est en bonne voie. Peut-être un peu malade de l'averse prise en chemisette hier, mais ça ne se voit pas trop. Mal aux pieds. Raison de plus pour remettre ça dès ce matin, parcourir mes dix bornes à travers la banlieue. Programme de la journée: marcher, mâcher, rendre des livres, croiser un exilé de retour au bercail, à son grand dam, tuer le temps, jouer, rentrer. Pas grand chose de nouveau.

    L'autre nuit, j'ai rêvé qu'un ingénieur militaire, mystérieusement détaché par l'armée française dans ma fac pour apprendre le chinois, recevait le prix Nobel de physique. Je ne sais pas trop ce qu'il serait susceptible d'en faire, pas plus dans la vraie vie, celle du rêve, que dans cet ersatz où les choses sont ternes et figées, la réalité consensuelle où les êtres sont lourds, les corps mous, les esprits pluriels. Si je trouve le temps, acheter du shampooing, remplir ma déclaration de revenus, apprendre le turc et le coréen.

 

Publicité

Publié dans schopenhauer

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
Ouais, la mort c'est cool.
Répondre
O
" Lorsqu’on est jeune comme toi, on doit s’engager dans le chemin de la connaissance de soi (…) qui ressemble bien souvent à celui d’un explorateur dans des terres inconnues, alternant tour à tour des découvertes exaltantes et de graves risques. Cette capacité de t’interroger, de te poser des questions sur toi-même et sur les rapports que tu entretiens avec les autres, pourra te sembler difficile (…) être amené à te regarder en face et à découvrir ce qui habite ton cœur pourra même te donner un sens du rejet, guère différent de celui que le corps oppose à l’effort physique et à la souffrance. Mais ne te soustrais pas à cette démarche intérieure! Grâce à elle, tu grandiras à la stature de ton humanité, qui est unique, et tu pourras t’opposer à la fascination de mort qu’exerce sur toi l’envie de te "laisser vivre " (…)<br /> Cet effort que je t’appelle à faire n’a qu’un but: celui de te conduire à l’acquisition de la liberté. Et l’exercice de la liberté implique la capacité d’assumer des choix qui soient pleinement tiens, de prendre des décisions et d’y rester fidèle. Tes décisions ne sauraient être laissées à d’autres, mais elles ne peuvent davantage être prises sous l’impulsion d’un moment ou de l’émotion. Elles exigent l’exercice de la réflexion et du discernement: ce n’est qu’ainsi que tu éviteras le risque, qu’il est si facile de courir aujourd’hui, de demeurer un éternel indécis, qui renonce à choisir de donner une forme précise et personnelle à sa propre humanité.<br /> Assurément, choisir est douloureux, parce que cela implique de dire " non ", de laisser de côté certaines possibilités, de reconnaître que tout n’est pas à notre portée et que les limites sont le seul espace à l’intérieur duquel peut se réaliser notre liberté. Toutefois lorsqu’on prend une décision importante pour sa vie, on ne le fait pas en pensant aux " non " infinis qu’elle comporte, mais au seul " oui " qui nous amène à privilégier une chose au détriment d’une autre ".<br /> <br />  <br /> <br />  
Répondre