Rétenteur d'images

Publié le par Paraph


    Lundi vingt-neuf mai deux mille six. Dix heures quarante-sept. Hier, je me suis souvenu, de façon précise et circonstanciée, de la topographie de mon école maternelle. Je revois le plancher, l'agencement des salles entre elles, et plusieurs épisodes dans lesquels je suis impliqué. Je me revois en train de jouer avec des échasses. Je porte une salopette vert pomme et vert kaki. Je chante ou j'apprends les paroles de diverses chansons, en jouant ou en me lavant les mains dans les lavabos de l'école. Je revois mes camarades, je me souviens de leurs noms, je revois les décorations, la plume de paon dans un vase sur une étagère, et je me rappelle que j'étais amoureux de mon institutrice de grande section. Tout cela remonte à plus de vingt-cinq ans. Et je n'ai même pas mangé de madeleine. A vrai dire, à part du thé, aucun apport gustatif à cette soudaine synesthésie. Le coupable est plutôt d'ordre visuel, et sonore. Jouant avec des caractères chinois, un jeu de mots involontaire m'a conduit au nom de ladite institutrice. Tout est revenu en cascade, en plein arraisonnage de vaisseau.

    Ce matin, levé vers dix heures, en forme, lucide, fonctionnel, je me dis que si je progresse dans cette direction, je pourrai passer mes examens de la semaine prochaine sans conséquence négative pour mon organisme. Demain, essayer de me lever vers neuf heures. Fort heureusement, l'insomnie relative due aux trop grandes quantités de thé absorbées hier n'a duré que vers quatre ou cinq heures du matin. Pour tromper mon ennui, j'ai commencé la lecture de "Sous les vents de Neptune", un des tout derniers romans de Fred Vargas. Ca commence plutôt bien. L'auteur écrit bien mais pas trop, les personnages sont attachants, pas de grande variation entre les romans, bref, tous les éléments du succès sont réunis. Et je marche à fond.

    Programme de la journée: hésiter sur l'heure à laquelle je rejoindrai la fac. Avant midi ou après quatorze heures, pour éviter le rush des transports en commun. Je ne me sens pas d'y aller à pied aujourd'hui, j'aurai déjà à marcher pour me rendre au cinéma en soirée. La séance n'a pas encore été fixée de manière définitive, j'attends encore une confirmation des préférences d'une amie, mais dans l'absolu, je suis parti pour regarder au moins un film, peut-être deux. Autant profiter de ma semaine de révisions pour faire autre chose. Quand je serai à la fac, prendre connaissance des dates de mes examens. Si mes soupçons se confirment, avoir moins de vingt-quatre heures pour entièrement rédiger et rendre un dossier pour une des matières. M'engouffrer dans la brèche et profiter de ce que je serai à la fac pour perdre de longues heures à la bibliothèque.

 
Publicité

Publié dans schopenhauer

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article