Un país tropical
Dimanche vingt-huit mai deux mille six. Vingt-deux heures cinquante-huit. Le portugais est la plus belle langue au monde, et les chansons brésiliennes sont les plus mélodieuses. Telle était ma pensée ce matin, en m'éveillant au son d'une compilation estivale mise au point par un ami. Un ami? Galvaudons l'exclusivité du terme. J'ai beaucoup d'amis, car je ne prends pas la peine d'établir de hiérarchie entre les êtres. Tout humain animé de bonnes intentions à mon égard sera mon ami, que je le connaisse ou non. Je suis entouré d'amis. Que demander de plus?
Le lapin ne s'est pas longtemps débattu. A défaut de l'occire, du moins ai-je pu y planter les dents. Sauce aux champignons. Ce soir, j'ai mangé des pâtes à la carbonara. Quelle aventure. Dans l'intervalle, partie de "Star Wars", environ cinq mille ans avant les films, aux premiers temps de la République. Scénario d'enquête et de filature spatiale. Mon personnage, un anthropologue/archéologue/diplomate extraterrestre, a pu utiliser ses connaissances en géographie interstellaire pour aider la traque. Prochaine session dans un mois, nous entrerons en phase de négociation/intimidation. En attendant qu'éclate la menace d'un empire non-humain prêt à tout pour détruire la civilisation telle que nous la connaissons. Glups.
Programme de la soirée: prendre connaissance des résultats de la première journée du tournoi de tennis commencé ce matin, la première semaine étant à mon sens la plus intéressante, puisque les joueuses (et joueurs) méconnu(e)s ont la chance d'y faire une apparition plus ou moins brève. La moitié des joueurs en course auront été éliminés à l'issue du premier tour, soit autant, voire même un peu plus, que pendant la totalité des autres tours mis bout à bout. Le début est en outre plus intéressant pour qui a l'habitude, comme moi, de suivre le championnat tout au long de l'année, semaine après semaine.
Sous l'effet de mon overdose de thé dominical, je ne dormirai sans doute pas avant l'aube. Après m'être repu de statistiques sportives, je corrigerai le mémoire d'un ami, si j'en ai la force. Pour la suite des opérations, gorgé de heavy-metal démodé, je poursuivrai ma lecture des "Trois royaumes" en écoutant des clones de Tim Buckley ou des berceuses brésiliennes, à moins que je ne me tourne vers les Cocteau Twins et leurs chants de baleines. C'est une nuit à écouter chanter les baleines, sous la chaleur tropicale de la longue saison estivale qui est en train de nous dégringoler sur le coin du ciboulot.
Programme de demain: me rendre à la fac pour prendre connaissance de mes dates d'examens. Dresser le programme de mes révisions. Commencer mes révisions. Aller au cinéma, sans doute une couple de films de sabres. Un japonais, un coréen, pour ne pas faire des jaloux. Dans la soirée, tenter de me recaler sur un rythme de sommeil aussi diurne que possible, en prévision des semaines de planche qui se profilent à l'horizon. Faire abstraction de mes angoisses. Fin du compte à rebours dans un peu plus de soixante-douze heures. Apprivoiser les montagnes, apprendre à rebondir sur les échecs, plutôt que de les fuir en lorgnant par la bande. Et d'ici jeudi, réparer mon vélo, ou me constituer l'esclave des temps qui courent.
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