Johnny Bagel

Publié le par Paraph


    Jeudi vingt-cinq mai deux mille six. Minuit trente-neuf. Dans mon exploration d'archives en ligne consacrées au metal des années quatre-vingts, je viens d'en finir avec la lettre A, ce qui m'a pris environ une semaine. Pour la lettre B, je prévois a priori une semaine supplémentaire. C'est amusant de se replonger dans le son d'une époque, l'imagerie, les thématiques, l'historique des groupes quand il est accessible. Je me rends compte que je ne connaissais le genre que superficiellement, et en grande partie par ses rejetons des années quatre-vingt-dix. Le site en question répertorie un peu moins de mille albums. S'il reste en ligne le temps nécessaire, j'y mettrai tout l'été, mais j'aime justement ce genre de tâches répétitives et peu gratifiantes. Si je pouvais, je travaillerais dans un bureau, à archiver des dossiers, jour après jour, sans créativité, sans me poser de question, pour mieux m'anéantir au quotidien.

    Encore deux semaines avant mon concours de bibliothécaire, ou pour être plus précis, conservateur des bibliothèques. Soyons réaliste, je n'ai a priori aucune chance de le réussir, d'autant plus que je ne le prépare pas vraiment. Je passerai les dix prochains jours à préparer activement mes examens de langues de la première quinzaine de juin. Et puis, parmi les trois épreuves, traduction, note de synthèse et composition, je n'ai aucune pratique de la note de synthèse. Il faudra que je me documente d'ici là sur la façon de procéder. Ca ne doit pas être bien compliqué. Pour corser le tout, j'ai choisi une option qui n'est pas du tout ma spécialité, les sciences humaines et sociales. Et pour la traduction, j'ai choisi l'anglais, langue dans laquelle je suis le plus à l'aise, comme la plupart des gens. La compétition sera rude. Quelque chose comme zéro virgule trois pour cent d'admis à l'issue du concours. Autant dire que j'ai toutes mes chances.

    Commencé ce soir, "A year in the merde", de Stephen Clarke, compte-rendu fortement romancé du séjour d'un salarié britannique en France, pays étrange, peuplé d'animaux curieux, les Français. Un regard humoristique sur les stéréotypes nationaux et les contacts entre peuples proches et pourtant si éloignés. La suite existe aussi, je la lirai quand mon dealer de livres l'aura terminée. Egalement en cours, la bande dessinée japonaise "Yakitate! Japan", l'histoire du boulanger qui doit vaincre tous les boulangers du monde pour devenir vraiment fort. En ce moment, il livre une âpre bataille pour remporter la finale du tournoi mondial qui l'oppose à l'équipe américaine. Courage, petit boulanger, tu peux le faire! Il me reste une trentaine de chapitres, soit environ six cents pages, pour être rendu à la dernière séquence hebdomadaire parue au Japon. Je pourrai alors me contenter de lire vingt pages par semaine, semaine après semaine, jusqu'à épuisement des troupes, comme je le fais déjà pour plusieurs séries. On s'occupe comme on peut. J'ai toujours été fan de bande dessinée, surtout de séries interminables. Le Japon en est un bon vivier. Quand je peux, je les lis en japonais, sinon je me contente des traductions françaises, anglaises ou chinoises, selon ce que je trouve.

    La partie de jeu de rôles d'aujourd'hui s'est bien déroulée. Je suis satisfait de la progression des événements, de mon interprétation du personnage, de la synergie entre joueurs. Ca faisait quelque chose comme trois semaines que je n'avais pas joué, suffisamment pour ressentir un certain manque. Je remets ça dimanche, dans un contexte radicalement différent, puisque nous passerons d'une parodie magique du Japon médiéval aux aventures spatiales d'humanistes volants, dans une très lointaine galaxie, il y a bien longtemps, voire un peu avant. En juin, trois parties de prévues pour le moment. Une partie prévue pour la mi-juillet, entre les deux mariages de couples d'amis qui s'uniront durant le mois.

    Programme de la nuit: ne pas rester trop longtemps à lire la suite des exploits du roi des boulangers, pas plus tard que la fin du tournoi. Si le sommeil ne vient pas tout de suite, lire le paperback commencé tout à l'heure, en prendre plein mes abattis de franchouillard mangeur d'escargots. J'ai éclusé trois ou quatre théières, donc le sommeil pourrait mettre un certain temps à venir. Programme de demain: croiser un ami revenu du Japon pour la semaine, faire un tour à la fac pour connaître mes dates d'examens et prêter un dictionnaire de chinois à une amie qui doit s'en servir pour passer ses partiels. Le soir, éviter les foules en goguette, malgré mon désir ardent de m'abrutir devant les niaiseries américaines au cinéma, pour préférer rentrer chez moi commencer mes révisions de fin d'année. M'apprêter à ne pas beaucoup dormir pendant trois semaines. Sans parler du mémoire en cours de rédaction, il me resterait six jours si je voulais le soutenir en juin.

 
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Publié dans schopenhauer

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