Bananes flambées

Publié le par Paraph


    Dimanche quatorze mai deux mille six. Midi et demie. Fort de ma nuit blanche de vendredi à samedi, j'ai dormi une dizaine d'heures. Je suis plutôt content de la façon dont j'ai géré ma journée d'hier, je suis parvenu à ne pas dormir pendant la partie de jeu de rôle, qui s'est bien passée. Rien d'extraordinaire, mais un bon moment entre amis, autour d'une table couverte de victuailles. Nous avons fait semblant de tuer beaucoup de gens qui n'existaient pas. Je ne sais pas s'ils s'en remettront.

    Il me reste environ dix-huit jours pour tenir les délais que je m'étais fixés fin février. A priori, je ne pense pas être en mesure d'y parvenir. J'ai pu commencer la rédaction du mémoire, mais je me suis aperçu que pour le moment, je ne maîtrisais pas suffisamment la matière pour pouvoir couvrir cent pages de but en blanc. Avec les idées jetées sur le papier, j'aurai sans doute au bout du compte rédigé un tiers du mémoire, que je pourrai alors étoffer en insérant des extraits des textes à partir desquels je travaille, et que je commente. Méthodologiquement, j'aurais sans doute dû commencer par là. Mais je me suis rendu compte que si je ne me lançais pas à l'eau, je n'apprendrais jamais à nager. Pour le moment, je ne me suis pas noyé. Espérons que les eaux à naviguer ne soient pas trop turbulentes.

    Programme de la journée, enfin de ce qu'il en reste: poursuivre un peu la rédaction. Voir la finale du tournoi de tennis féminin qui m'a un peu occupé durant la semaine, mes favorites ont été éliminées, mais qu'importe. Poursuivre mes lectures. Le soir, voir des amis, manger leur nourriture, boire leur alcool et leurs jus, discuter avec eux en attendant qu'ils prennent seuls les décisions qui s'imposent. Le soir, comater gentiment, chez moi ou sur place si j'ai trouvé à me loger. Si j'ai du temps à tuer dans l'intervalle, procéder aux rangements que je diffère depuis des mois. Tôt ou tard, à force d'emplir la cruche, on finit par en boire l'eau. Sauf si elle est percée. Tant va la cruche percée à l'eau qu'à la fin elle reste vide.

    Côté lectures, j'ai terminé "1280 âmes" de Jean-Bernard Pouy, toujours aussi agréable, et j'ai repris la lecture, entamée il y a dix ans, de "Byzantium endures", de Michael Moorcock, premier volume, publié en 1981, d'une tétralogie dont le quatrième volume vient enfin de paraître. Les aventures du colonel Pyat. Je me souviens qu'à l'époque, je n'avais lu que l'introduction. Comme j'ai encore de l'ouvrage sur le feu, j'ai également repris la lecture du troisième volume de "La saga des émigrants", cycle romanesque suédois, racontant l'histoire de paysans partis pour les Amériques, au milieu du dix-neuvième siècle. Ils viennent de découvrir le train à vapeur, invention du diable qui les plonge dans une indicible terreur.

    Hier, j'ai pu boir une bière irlandaise, une Murphy's en l'occurence. J'avais presque oublié à quel point j'aime les bières irlandaises. J'ai beau m'être converti à la Belgique, à la richesse de ses fumets, à la diversité de ses parfums, à l'éventail de ses tonalités fauves, brunes, ambrées, si je suis un buveur de bière, c'est avant tout à l'Irlande que je le dois. J'ai d'ailleurs du mal à boire de la bière belge en ce moment. Mon diaphragme s'y oppose et mon estomac fait la grève. Je ne sais pas pourquoi. Aucun problème pour engloutir la pisse alsacienne ou allemande, mais dès qu'une bière a du goût, mon système digestif, surtout à jeûn, tire la tronche au bout de quelques rasades. Heureusement qu'il me reste la vodka. Je suis toujours sur ma bouteille de
Żytnia, que je savoure à petit feu, et je lorgne avec curiosité sur la bouteille de Wyborowa que mon père élève dans son frigo.

   
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Publié dans schopenhauer

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