Tout autre que mon père
Lundi premier mai deux mille six. Neuf heures cinquante. Le froid est de retour. Ou tout du moins, un printemps timide. Insuffisamment couvert il y a deux jours, j'ai attrapé un début de rhume. Je pense en venir naturellement à bout. Point n'est besoin de me soigner.
Hier, la partie de jeu de rôles prévue a eu lieu. Le tout s'est très bien passé, a duré une douzaine d'heures, s'est achevé vers deux heures du matin. Cette nuit, plutôt bien dormi malgré un mal de gorge naissant, jugulé à grand renfort d'eau. Réveillé assez tôt, impossible de retrouver le sommeil. Je vais profiter de la matinée pour entamer ma rédaction de mémoire. Ce projet se heurte malheureusement à l'agenda de mon père, l'ordinateur familial étant partagé et celui-ci en ayant besoin toute la journée. Mon plan tombe à l'eau. Au programme de la journée, être en deux lieux à la fois. Je dois être à Saint-Denis pour un barbecue, et à l'autre bout de Paris pour une réunion de travail entre amis. Je pense pouvoir m'arranger en coupant la poire en deux.
Programme de la journée: travailler deux ou trois heures à mon mémoire, avec les moyens du bord puisque l'ordinateur n'est pas disponible. Marcher à travers la banlieue jusqu'aux portes de Paris. Voir des amis, m'unir à eux dans le projet qui nous rassemble. Me déplacer en banlieue nord, rater le barbecue, participer à l'after. Me consumer jusqu'au bout de la nuit, jouer aux cartes en agréable compagnie, sauf si je me suis planté et que tout prend fin à minuit. Demain, passer en cours de tamoul si cela semble opportun, et le soir, voir une amie partie depuis six mois au Pakistan, et de passage à Paris. Le Sultan sera de la partie, leur dernière entrevue remonte à la mienne. Rester seul, pendant que tous les autres s'en vont. Et dans quelques semaines, les exilés en Chine reprendront les chemins des pénates. Flux et reflux des nomades, immobilité minérale des sédentaires malgré eux.
Publicité